‹ La journee des maladesChapitre 31 sur 57 · PATIENCE · texte numérisé non relu

PATIENCE

« En ce temps-là, la fête des Juifs étant arrivée, Jésus vint à Jérusalem.

€ Or, à Jérusalem est la piscine probatique qu'on appelle en hébreu Bethsaida, laquelle a cinq portiques ;

« Sous lesquels gisait une grande multitude de malades, d'aveugles, de boiteux, d'infirmes, dont les membres étaient desséchés, attendant le mouvement de i'eau.

a Car Tange du Seigneur descendait en un certain temps dans la piscine, et l'eau s'agitait; et celui qui le premier descendait dans la pis-

ci ne après le mouvement de l'eau, était guéri de son infirmité, quelle qu'elle fût.

« Or, il y avait là un homme malade depuis trente-huit ans.

€ Jésus, l'ayant vu couché, et ayant appris qu'il était malade depuis longtemps, lui dit : Voulez-vous être guéri ?

« Le malade lui répondit : Seigneur, je n'ai personne qui, lorsque l'eau s'agite, me jette dans la piscine ; car, tandis que je viens, un autre descend avant moi.

a Jésus lui dit : Levez-vous, prenez votre grabat et marchez.

« Et aussitôt cet homme fut guéri ; et, prenant son grabat, il marchait ^ >

Je voudrais persuader aux pauvres malades qui depuis longues années attendent en vain la guérison de leurs maux, et sentent faiblir en eux le courage, je voudrais, dis-je, leur persuader d'entrer en connaissance et en tendre intimité avec le pauvre paralytique de la piscine.

Wo. V, 1,S.

Voilà trente ans que, privé de l'usage de ses membres, ce malade venait à la piscine Bethsaida, toujours confiant dans le secours du Seigneur, toujours éprouvé, mais non vaincu, dans son héroïque espérance.

A l'heure où l'ange du Seigneur agitait l'eau, comme parle le saint Évangile, il s'efforçait toujours de se précipiter dans le bain salutaire ; mais, toujours prévenu par un plus habile, il restait chargé des chaînes de sa souffrance et de son infirmité.

Il ne perdait toutefois ni le courage ni l'espoir, et remettait au temps prochain une nouvelle tentative.

Un jour qu'amené encore à la piscine par sa foi, il venait d'en voir encore échapper le Jruit, mais sans colère ni muimure, et que, irompédans son espoir, il était là, couché le long du bord, immobile dans sa patience, il aperçut tout à coup près de lui un homme [)lus doux et plus grave qtie ne sont d'ordinaire les hommes, et il entendit tomber de ses lèvres ces étranges paroles : « Veux-tu être .ruer? »

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