‹ La journée du 14 juillet 1789Chapitre 16 sur 110 · INTRODUCTION LXXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LXXXIII

des troupes royales dans Paris ; non pas qu'on y trouve des détails nouveaux sur la journée du 14 juillet, car Salmour, comme ses collègues, se contente de rapporter les bruits qui circulaient dans Paris au moment où il écrivait; mais il n'en est pas moins curieux de voir ce que savait le 16 juillet, sur les événements de l'avant-veille, un homme qui était l'un des membres les plus distingués de la société de M""^ de Polignac, et qui était en relations étroites et intimes avec le commandant et avec la plupart des principaux officiers de Tarmée de Paris. C'est pourquoi je crois devoir citer ce passage :

« Arrivés à la Bastille, M. de Corny, procureur du Roi près de l'Hôtel de Ville, avec quatre électeurs et une petite escorte, se présenta avec un drapeau pour sommer le gouverneur d'ouvrir les portes et livrer ses munitions. Celui-ci, de son côté, arbora le drapeau blanc, et au moment où l'on s'approcha pour parlementer, il fit une décharge sur M, de Corny, qui tua quatre hommes de son escorte ; feignant ensuite que c'était une méprise, il baissa le pont-levis, demanda de nouveau à parlementer et dès que trois à quatre cents des assaillants à peu près furent entrés, il le releva derrière eux et son canon, tonnant de tous les côtés, enfilait les deux rues Saint- Antoine et le boulevard, qui étaient remplis de monde. Quatre pièces de 24, de celles prises le matin aux Invalides, jouèrent alors contre le château, et si heureusement qu'au bout de dix minutes un boulet coupant la chaîne, fit tomber le pont-levis. Ceux qui avaient été enfermés dedans s'étaient en attendant vaillamment défendus et, quoiqu'ils eussent déjà perdu soixante hommes, avec le secours de leurs camarades, qui entrèrent par la porte et escaladèrent en même temps le mur des deux côtés, ils massacrèrent une partie de la garnison et s'emparèrent du gouverneur qui, traîné à l'Hôtel de Ville, y fut décapité en place de grève. »

Ce récit est parfaitement ridicule ; cependant on ne

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