‹ La journée du 14 juillet 1789Chapitre 20 sur 110 · LXXXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXXXVIII INTRODUCTION

despotisme fut emporté d'assaut et le gouverneur ainsi que son major décapités à la Grève. Le prévôt des marchands^ Flesselles, qui avait trahi sa commune, fut immolé sur l'escalier de l'Hôtel de Ville. Tout Paris fut éclairé pendant la nuit. »

Gaultier de Biauzat,- l'un des députés du Tiers État de Clermont-Ferrand, écrivit aux représentants de la municipalité de cette ville des lettres fort curieuses dont les plus importantes ont été récemment réunies par M. Mège (i). Elles sont d'autant plus intéressantes que de bonne heure Gaultier de Biauzat s'était créé une situation assez en vue dans l'Assemblée et qu'il était en position d'être bien informé. Malgré cela il était, comme tous ses collègues, persuadé de l'exactitude des bruits qui couraient à Paris et à Versailles, et le 1 6 juillet il écrivait :

« Je ne vous ferai pas le détail des effrayants troubles de Paris ; c'est une heureuse faute qui nous a garantis de plus horribles attentats dont la nation était menacée.

« Il s'est répandu du sang humain. Mais hasarde-t-on jamais l'assaut d'une aussi forte place que la Bastille, sans s'exposer au sacrifice de quelques hommes ?...

« Sur les trois ou quatre heures après midi du mardi, on se transporta à la Bastille pour demander des armes, car il en fallait encore pour armer toutes les gardes bourgeoises.

« Le gouverneur de cette forteresse... feignit de céder à la demande du peuple. Le pont-levis descendit aux cris de joie des zélés spectateurs et il fut relevé après l'entrée d'une cinquantaine de personnes, sans occasionner de murmures, parce qu'il n'y avait pas encore occasion à cet emportement et qu'il fallait de la modération dans un lieu de cette nature.

« Mais ce perfide aristocrate fit cribler par son artil-

(i) Gaultier de Biau:[at, député du Tiers État aux États généraux de lySp, sa pie et sa correspondance, par Francisque Mège. Paris, 1890. 2 vol. in-S».

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