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lerie ces malheureux qui étaient entrés sur sa confiance. Enfermés ainsi entre les quatre murs de la première cour, ils moururent au nombre de trente à trente-cinq dans le désespoir de se trouver trahis et sans défense.
a L'indignation, l'horreur et le désir naturel de la vengeance animèrent le peuple. L'assaut de la Bastille fut résolu. Il fallut trois tentatives dans lesquelles il périt beaucoup d'hommes, dont on ne sait pas encore le nombre. Enfin à l'aide du canon que la bourgeoisie braqua utilement contre le pont-levis^ il fut fait une brèche. Trois gardes - françaises montèrent les premiers à l'assaut; deux périrent avant d'y être parvenus. Le troisième escalada, ayant son sabre à la bouche, et se saisit du cruel de Launey, qui fut mené tout de suite avec le sous-gouverneur, son fils, sur la place de Grève (i) ».
Mais s'ils ne connaissaient pas exactement les faits qui avaient marqué les diverses phases de cette triomphale insurrection, les députés étaient unanimes sur ses conséquences. L'un d'eux, collègue de Gaultier de Biauzat, les appréciait en ces termes, qui me paraissent tout à fait remarquables et dignes d'être cités :
« C'est ainsi. Messieurs, que s'est terminée à la française une révolution entreprise et exécutée à la française. Je ne crois pas qu'il soit jamais arrivé rien de pareil. Il est unique dans les fastes de l'Univers de voir un peuple, dans l'espace de cinq jours, s'armer avec le plus grand ordre, se procurer par la force toutes les armes nécessaires, enlever et détruire une place forte, le rempart du despotisme ; de voir, le cinquième jour de la Révolution, le souverain que ces dispositions hostiles semblaient menacer, venir arborer lui-même au milieu de ce peuple révolté, la cocarde qu'il avait prise pour se procurer la liberté ; de voir ce même souverain recevoir de ce même peuple les marques les plus touchantes de son amour et
(i) Op.sup. cit., p. 174-175.
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de sa fidélité. Il était réservé à la nation française de donner cet exemple à l'univers (i). «
Parmi toutes les correspondances des députés du Tiers État, il n'y en a qu'une seule dont l'auteur excuse le marquis de Launey et insiste sur les violences commises par la populace pendant cesjournées. L'auteur de ces lettres est un magistrat, nommé Maillot (2); député du tiers de Toul, il était lieutenant général du bailliage de cette ville. Sa situation de chef du premier tribunal du pays lui donnait une position assez considérable et le mettait en relations de société et même d'amitié avec les nobles de la région, dont il partageait tous les préjugés de caste contre le bas peuple. Il était notamment très lié avec M. de Chérières, député de la noblesse de Toul, à tel point que dans leurs séjours à Paris ils faisaient chambre et lit communs (3).
Maillot, d'ailleurs, ne vint de Versailles à Paris avec M. de Chérières que dans la soirée du mercredi 15 juillet et pour tout ce qui s'était passé depuis le commencement des troubles, il en fut réduit aux renseignements que lui donnèrent ses connaissances, qui étaient, sans doute, animées, comme lui-même, de sentiments peu favorables à la cause populaire. Dès son arrivée il fut profondément froissé. Il s'était imaginé, ainsi que les collègues qui l'accompagnaient, que leur manteau de député leur permettrait de passer partout sans encombre. Au contraire, ils furent fréquemment arrêtés par les patrouilles qui parcouraient les rues et par les gardes chargées de la défense des barricades. Aussi ne faut-il pas s'étonner que pénétrant dans la capitale à l'entrée de la nuit, vers dix heures
(i) Lettre de Huguet, député de Clermont-Ferrand, en date du i8 juillet 1789, op. sup. citato, t. II, p. 185,
(2) Elles ont éié publiées par M. A. Denis dans un article intitulé Notes sur la Résolution à Toul en lySp et imprimé dans les Annales de l'Est, 5« année, 1891. Nancy, in-8, p. 5 pet s. Ces lettres étaient adressées au maire de Toul.
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du soir, ils lui aient trouvé l'aspect triste et morne d'une ville en état de siège. Cependant ils allèrent tout de suite au Palais-Royal qui était encore en pleine animation et ils furent effrayés de l'état des esprits; ils comprirent qu'il ne serait pas facile de ramener la capitale victorieuse au respect de l'autorité. De là ils se rendirent à la Bastille, où ils arrivèrent sans doute vers minuit; ils voulaient peut-être la visiter au clair de la lune ou à la lueur des torches et des falots ; mais on leur refusa brutalement l'entrée et, comme ils insistaient, la garde leur intima l'ordre de filer au plus vite ; ils durent se retirer « devant cette canaille, qui, dit-il, commençait à s'échauffer ». Nouvelle cause d'aigreur. Ajoutez à cela que sa qualité de magistrat lui inspirait une profonde horreur pour ces actes de justice sommaire auxquels le peuple se laisse si facilement entraîner en temps de révolution et vous comprendrez aisément qu'il ait follement exagéré le nombre et l'importance des excès commis pendant ces journées agitées.
Tout cela explique que les renseignements donnés par Maillot dans ces lettres du 1 6 et du i8 juillet sur l'état de Paris depuis le 12 soient en complète contradiction avec les témoignages les plus autorisés et notamment avec ceux du duc de Dorset, du D"" Rigby et du libraire Hardy. Sur la journée du 14 juillet en particulier, ce député est très mal informé. Il dit que le gouverneur des Invalides livra sans difficulté et, comme en se jouant, les milliers de fusils qui étaient déposés dans les caves de cet hôtel. Il explique assez bien les causes du malentendu qui donna lieu à l'accusation de trahison portée contre le marquis de Launey ; d'après lui, le gouverneur de la Bastille aurait été fondé à croire qu'on cherchait à le surprendre au moyen d'une fausse députation parlementaire ; mais il raconte, lui aussi, que la Bastille fut prise de vive force, après que les canons eurent fait une brèche dans la porte. De sa longue lettre du 18 juillet un seul passage
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peut être utile à l'historien; c'est celui où il raconte la réception de Louis XVI à l'Hôtel de Ville de Paris le 1 7 juillet ; mais bien que Maillot en ait été le témoin oculaire, on trouve encore dans sa relation de légères erreurs qui prouvent que ce magistrat n'était pas un esprit précis et qu'on ne peut avoir dans ses lettres qu'une confiance très limitée.
Les députés de la noblesse, qui avaient embrassé la cause populaire. et s'étaient des premiers réunis au tiers état partageaient toutes les passions de cet ordre ; ils se montraient même bien plus avancés, bien plus exaltés que certains députés du Tiers, que les Malouet, les Maillot et autres, fonctionnaires ou magistrats qui, par éducation et par habitude, étaient les défenseurs dévoués de l'autorité royale. Cela se remarque notamment dans la correspondance du marquis de Sillery, le mari de la célèbre ]^/j-me ^Q Genlis et l'un des familiers du duc d'Orléans. Envoyé aux États généraux par la noblesse du bailliage de Reims, il rendait compte régulièrement de sa conduite à ses amis en y joignant des informations politiques. Comme il avait des habitudes d'ordre, il tenait un registre qui nous a été conservé sur lequel à côté de la copie des lettres qu'il recevait, il rédigeait la minute de celle qu'il envoyait. Le 17 juillet il écrivit à M. de Sauvigny une longue et curieuse lettre, qui est une sorte de journal (i). Il résumait le rapport fait à l'Assemblée nationale dans la soirée du 14 juillet par la députation des électeurs de Paris ; il parlait des trahisons du marquis de Launey, de son supplice et de la prise d'assaut de la Bastille (2); il
(i) De Versailles le 17 juillet à 9 heures du soir. La minute de cette lettre remplit les folios 61 à 78 du registre de correspondance du marquis de Sillery, conservé aux Archives nationales sous la cote KK. 647. La première lettre est du 3 avril 1789 et la dernière du 27 mai 1790.
(2) Ces mêmes bruits se retrouvent aussi dans la Correspondance d'un député de la noblesse de la sénéchaussée de Marseille avec la marquise de Créquy du I) mai au 8 août 1789, publiée dans la Revue de la Révolution, l'-e année, 1885, t. IL Documents, p. i et s. Mais cette correspondance n'émane pas d'un député aux États généraux, comme le dit à tort l'éditeur sans en donner
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racontait ensuite brièvement tout ce qui s'était passé à Paris et il insistait sur la visite du roi à l'Hôtel de Ville. Enfin il caractérisait la portée de ces événements en ces termes : « En 15 jours, la révolution du plus grand empire de la terre s'est faite ; elle a coûté à l'Angleterre cent ans de guerre, plus de quatre millions d'hommes, et l'intrépidité d'une partie des députés de la nation en 15 jours a fixé pour jamais la liberté en France. »
Dans cette tourmente, Camille Desmoulins joua l'un des premiers rôles. Aussi les lettres qu'il écrivait à son père ont-elles le plus grand intérêt pour l'histoire de cette période (i). Elles sont naturellement bien préférables aux récits plus ou moins embellis par son imagination surchauffée que Camille fit un peu plus tard dans ses journaux; c'est notamment le cas pour tout ce qui se passa au Palais-Royal dans la journée du 12 juillet 1789. Il ne prit pas une part active à l'attaque de la Bastille ; il arriva trop tard ; la forteresse venait d'ouvrir ses portes quand il y parvint. A ce moment, tous les combattants avaient comme perdu la tête et, dans l'ivresse de cette victoire inespérée, ils racontaient les choses les plus fantastiques. Camille Desmoulins, dont le sang-froid, quoiqu'il fût Picard, n'était pas la qualité maîtresse, accepta, sans contrôle, ces légendes dignes delà Bibliothèque Bleue, et dans une lettre d'une verve endiablée, il les rapporta à son père en ces termes :
la moindre preuve ; elle a certainement pour auteur un membre du parlement d'Aix venu à Versailles pour les affaires de sa compagnie et de sa province. Cela ressort clairement de divers passages qui se trouvent aux pages 4, 6 et 7. Ce magistrat qui suivait les séances du Tiers dans les tribunes, était un aristocrate enragé ; mais il était fort mal informé et sur ce qui se passait à Paris, où, il demeurait habituellement, et sur ce qui se faisait à Versailles. Par exemple il écrivait : « La délibération de la noblesse a passé à la pluralité de 214 voix.... Quelqu'un m'a assuré que le comte de C... s'y distingua par son dévouement au Tiers. » (p. 4)-
(i) Ces lettres ont d'abord été publiées par M. Mathon d'une façon très insuffisante ; mais M. J. Claretie en a beaucoup amélioré le texte dans son excellente édition des Œuvres complètes de CamilU Desmoulins. Paris, Charpentier, I874, 2 vol. in-i2.
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« C'était le mardi; tout le matin passa à s'armer. A peine a-t-on des armes qu'on va à la Bastille. Le gouverneur, surpris de voir tout d'un coup dans Paris, cent mille fusils armés de baïonnettes, et ne sachant point si ces armes étaient tombées du ciel, devait être fort embarrassé. On tiraille une heure ou deux: on arquebuse ceux qui se montrent sur les tours. Le gouverneur, le comte de Launey, amène pavillon, il baisse le pont-levis ; on se précipite ; mais il le lève aussitôt et tire à mitraille. Alors le canon des gardes françaises fait une brèche. Bourgeois, soldats, chacun se précipite. Un graveur monte le premier; on le jette en bas et on lui casse les jambes. Un garde française, plus heureux, le suit, saisit la mèche d'un canonnier, se défend et la place est emportée d'assaut en une demi-heure. J'étais accouru au premier coup de canon, mais la Bastille était déjà prise, en deux heures et demie, chose qui tient du prodige » (i).
C'est évidemment un récit fait de chic par un homme surexcité ; car Camille n'avait pas pu voir une brèche qui n'existait pas, puisque, lors de sa reddition, les murs de la Bastille étaient encore intacts. Le canon des assiégeants avait à peine endommagé les parapets et abattu quelques tuyaux de cheminée, qui s'élevaient au-dessus des plates-formes. Mais l'imagination des combattants et même des simples spectateurs était en pleine ébullition, ils ne savaient qu^inventer pour exalter cette miraculeuse victoire, dont ils étaient encore tout surpris. Ce même phénomène se remarque, mais, avec moins d'intensité, dans les lettres d'un commerçant que sa profession aurait dû rendre plus circonspect. Le caissier de Beaumarchais, Gudin de la Ferlière, dont le fils fut au nombre des assiégeants, écrivait à l'un de ses correspondants que le mardi 14 juillet, jour à jamais mémorable dans les fastes de l'histoire, on avait député auprès de M. de
(i) Camille, Desmoulins, à son père, du 16 juillet. Op. siip. cit., t. II, p. J32.
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Launey un corps de bourgeoisie pour lui demander des
armes : « Ce gouverneur, dit-il, fait ouvrir les portes ;
mais à peine est-on dans la cour que la garnison fait feu
sur la députation des soldats s'engagent à se
rendre maîtres de la Bastille en peu d'heures. Six pièces de canon leur sont livrées. Ils arrivent, brisent les portes et en sept quarts d'heure ils sont sur les tours (i). » On remarquera qu'il n'est plus question de brèche, ni même d'assaut. Les portes auraient été brisées. Cela n'est pas exact, puisque de Launey les fit ouvrir volontairement ; mais plusieurs pièces de canon avaient été mises en batterie devant les portes qui auraient peut-être été forcées, si la résistance s'était prolongée. Ce changement s'explique par la date de cette lettre ; le 27 juillet, déjà la vérité commençait à se faire jour.
Nous avons encore quelques lettres écrites de Paris, pendant cette période, par des Anglais. On sait que nos voisins sont beaucoup plus riches que nous, en correspondances historiques du siècle dernier. Les descendants des hommes d'État qui gouvernèrent l'Angleterre au XVIII'' siècle ont presque tous conservé les papiers politiques et privés de leurs ancêtres et à la différence de la plupart des grands seigneurs français ils mettent leur honneur à publier, au moins en partie, ces documents si précieux pour l'histoire de la nation et de leur famille. Un des recueils de ce genre le plus intéressants pour la France est l'ouvrage ayant pour titre : The Journal and Correspondence of William, lord Auckland {2). William Eden, premier lord Auckland, ne cachait pas la vive sympathie qu'il ressentait pour la France et les Français, ce qui était alors assez rare en Angleterre. Ce fut sans doute en raison de ses senti-
(1) Cette lettre, dont l'original autographe appartient à M. Begis, a été publiée dans la Revue rétrospective^ numéro de juillet 1889. Paris, Vivien, in-8, p. 9 et s.
{2) London, 1861, 4 vol. in-8.
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ments francophiles qu'il fut envoyé à Paris à la fin de l'année 1785 pour négocier un traité de commerce entre la France et l'Angleterre, ce qui ne l'empêcha pas d'employer, comme c'était son devoir, toute son habileté en faveur de ses compatriotes ; il ne réussit que trop bien. Ce succès le fit maintenir en France pendant près de deux années après la conclusion de ce traité, dans une position mal définie, comme une sorte d'adjoint du duc de Dorset.
En 1788, il fut nommé ambassadeur d'Angleterre à Madrid ; mais en quittant Paris il y laissa d'excellents amis qui le tinrent exactement au courant de ce qui se passait en France. L'un de ceux, dont les lettres ont conservé une grande valeur historique, était un certain Huber, d'origine genevoise et naturalisé Anglais. Intime ami du ministre Necker et de son frère de Germany, Huber avait été reçu en février 1789 au club politique, où se réunissait la meilleure société de Paris. Il était donc en position d'être bien informé. Cependant, dans sa lettre du 17 juillet à Eden, il reproduisait tous les bruits populaires sur les trahisons du marquis de Launey et sur la prise de la Bastille. Mais, fils de la république de Genève et citoyen de la libre Angleterre, il était capable d'apprécier toute la portée de ces événements. Après avoir exprimé à son ami combien il regrettait qu'il n'eût pas été là pour contempler une révolution aussi respectable, aussi grande, aussi soudaine ; il lui disait : « Pourquoi n'avez-vous pas pu voir de vos propres yeux, ce frivole peuple de Paris, changé en un moment en un peuple de héros, achevant en vingt-quatre heures ce que l'imagination elle-même ne peut pas comprendre (i).
(i) « Oh 1 wherewere you, my dear sir, that you could not contemplate, as a man, so awful, so great, so sudden a révolution ? Wliy could not you see with your own eyes that frivolous people of Paris, turned at once into a people of. heroes, achieving in twenty four hours what imagination itself could not compass. » Op. sup.cit., t. II, p. JJ7.
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Un autre témoin de cette surprenante révolution est le docteur Rigby, que les hasards d'un voyage en France amenèrent et retinrent à Paris pendant ces glorieuses journées. Ses lettres à sa femme (i) sont un précieux témoignage, car on n'en saurait discuter ni l'authenticité, ni l'impartialité. Au moment de son séjour à Paris, du 7 au 19 juillet 1789, le docteur Rigby était âgé de 42 ans. Il avait reçu une excellente éducation scientifique, pour ce temps s'entend, et il exerçait avec la plus grande distinction la médecine àNorwich. Il jouissait d'une grande aisance et il possédait une propriété assez considérable, qu'il faisait cultiver à ses frais et sous sa direction immédiate. C'était donc un agriculteur pratique en même temps qu'un homme de science, et ses lettres, peut-être un peu optimistes, sont la contre-partie des critiques exagérées d'Arthur Young (2), qui voyait tout en noir. Le docteur Rigby s'occupait activement de politique. Whig ardent et partisan enthousiaste des réformes libérales, il était par tempérament porté à prendre fait et cause pour les partisans de la Révolution française. Mais, si Ton doit s'en souvenir pour apprécier ce qu'il dit des événements dont il fut témoin, on ne saurait s'en autoriser pour refuser toute valeur à son témoignage, car il avait la plus vive antipathie pour la démagogie ; les excès populaires, inévitables en temps de crise, lui inspiraient une profonde horreur. Il parlait bien le français et il était accompagné de trois amis, parfaits gentlemen^ qui, comme lui, étaient munis de lettres d'introduction pour bon nombre de Français de distinction. Ils ne vécurent donc pas à Paris en isolés ; ils allèrent dans le monde et entrèrent en relations avec des Parisiens en position de les mettre au
(i) Elles ont été publiées à Londres en 1880 en un volume in-8 ayant pour titre : D^ Rigby's Letters from France, in 178c.
(2) Young avait quitté Paris le 28 juin pour entreprendre une tournée dans les provinces. Il connut la révolte de Paris et la prise de la Bastille, le 20 juillet 1789 à son arrivée à Strasbourg (A Young. Voyages en France^ traduits par M. Lesage, 2e édition, Paris, 1882, in-8, t. I, p. 226 et 251.)