‹ La journée du 14 juillet 1789Chapitre 27 sur 110 · CXXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CXXXII INTRODUCTION

trouveraient dans ce mémoire ; mais ils sont très suspects. L'auteur affirme que le chevalier du Puget disait avoir depuis longtemps écrit au baron de Besenval pour lui demander que la Bastille fût mise dans un meilleur état de défense et il pose cette question : « Comment donc la forteresse en question s'est-elle trouvée dénuée de tout ? » Il répond : « M. le chevalier du Puget prétend que M. de Besenval s'entendait avec son ami Necker, l'agent secret des insurrections, etne voulant pas que la cour fût débarrassée des sollicitudes qu'elles lui donnaient. C'était pour favoriser les vues de ce ministre que le baron négligeait sciemment de remplir les intentions du général [le maréchal de Broglie] ; et voilà le principe du zèle extraordinaire avec lequel, à son retour à Paris, M. Necker défendait ce fugitif, dont l'évasion assurait le secret de toute l'intrigue (i). » C'est une calomnie grossière . La Bastille avait assez de moyens de défense, si le gouverneur avait su ou voulu en tirer parti. De Flue l'affirme et il déclare que les officiers de l'état-major étaient de cet avis (2). Cela est mis hors de doute par les billets que Besenval envoya à du Puget. Le premier était ainsi conçu : « Je vous envoie, mon cher du Puget, l'ordre que vous croyez nécessaire ; vous le remettrez. Paris ce 14 juillet 1789, signé : Besenval. » Le second, adressé au gouverneur de la Bastille, contenait cet ordre : « M. de Launey tiendra jusqu'à la dernière extrémité ; je lui ai envoyé des forces suffisantes. Ce 14 juillet 1789, signé : le baron de Besenval (3). » Si du Puget avait accablé Besenval de réclamations pour lui demander des renforts, ce général n'aurait certainement pas écrit par son intermédiaire au gouverneur qu'il lui avait envoyé des forces suffisantes. Il est vrai que du Puget ne reçut pas ces deux billets, qui furent interceptés et remis au Comité

(i)T. I,p. 17Ç et 176.

(2) Voir plus haut.

(3) Procès-verbal des électeurs^ t. I,p. 34Q.

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