‹ La journée du 14 juillet 1789Chapitre 33 sur 110 · T. VII · texte numérisé non relu

T. VII

Voici un autre exemple. Le 12 février 1774, après avoir rapporté Tinterdiction de la première représentation du Barbier de Séville qui devait avoir lieu ce jour-là, Hardy ajoutait ce N. B : « On parlait beaucoup d'une pièce en prose portant pour titre : Requête du Barbier de Séville,.. n'ayant pu me la procurer assez tôt pour la transcrire ici, où elle devrait naturellement se trouver, je la placerai à la date du jour qu'elle me parviendra en rappelant le présent article. » II, 289.

(3) Dans la notice insuffisante et pleine d'erreurs consacrée à Hardy, par M. Aubertin (L'esprit public au xviii siècle, Paris 1873, in-i8, p. 400 et s.) il est dit sous îorme hypothétique que notre auteur naquit en 1728 (p. 403), or lui-même donne la date et le lieu de sa naissance. Le jeudi 11 juillet 1776, il écrit : « Le tonnerre tombe sur la maison dans laquelle j'étais né en 1729, occupée par un marchand de vin et sise rue Montagne-Sainte-Geneviève, au coin de la rue Traversière. » III, 248.

CXLII INTRODUCTION

était en 1745 élève de seconde au collège de Navarre (i); il fut ensuite pensionnaire de Lebeau l'aîné, le célèbre professeur de rhétorique du collège des Grassins (2) ; et Ton ne s'aperçoit que trop souvent en lisant son journal qu'il y avait pris le goût du développement à outrance. Il avait d'ailleurs de quoi tenir; il était petit-fils d'un ancien recteur de l'Université, Délavai. Sa famille était de bonne petite bourgeoisie. Neveu du libraire Guillaume François Hardy, il fut reçu libraire le 1 5 mai 1755; comme il n'était point fils de maître, il lui en coûta, disait-il plus tard (3), une somme de 1,500 livres, sans les frais d'apprentissage qui avaient précédé ceux de réception. Il épousa le 17 août 1757 Elisabeth Duboc, cousine germaine d'un conseiller au Châtelet (4). Un de ses beaux-frères était marchand bonnetier, propriétaire d'une maison importante place Maubert et marguillier comptable de la paroisse Saint-Etienne du Mont; un autre était papetier rue du Petit-Pont (5). Bien qu'il ne semble pas avoir eu une librairie très importante (6), Hardy fut élu adjoint au syndic de sa communauté pour deux années commençant à la fin de juin 1771 ; en cette qualité il eut, avec les autres officiers de la librairie, à faire des démarches près du terrible chancelier Maupeou, qui le reçut très mal. « C'est en ce moment, dit-il, que j'éprouvai d'une manière bien sensible le désagrément qu'il y a d'être en place, dans quelque corps ce soit, quand les temps sont orageux, les circonstances critiques et que les personnes qui ont l'autorité en mains, enthousiasmées de leur

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