‹ La journée du 14 juillet 1789Chapitre 45 sur 110 · INTRODUCTION CLXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION CLXXIII

fut sans doute l'une des causes de cette précipitation, qui fut sifuneste pour la cour; mais ce ne fut pas la seule.

Le jeudi g juillet, le baron de Breteuil, mandé par un courrier, quitta sa belle terre de Dangu, près de Gisors (i). Cette date prouve que cet ex-ministre, sur qui comptaient la reine et le comte d'Artois, avait été appelé aussitôt après la motion faite le 8 juillet à l'Assemblée nationale par Mirabeau pour demander le retrait des troupes. On avait réussi à faire peur au pauvre Louis XVI (2). Le vendredi 10, dans la matinée, Breteuil eut un long entretien (3) avec le roi, et le lendemain le comte d'Artois annonçait joyeusement au baron des Cars que le soir même Necker ne serait plus à Versailles, que c'était enfin décidé entre le roi et la reine (4) . Cependant le nouveau ministère ne fut réuni que le dimanche matin. Il ne fut même pas complètement formé ; car certains personnages, qui se récusèrent, ne furent pas remplacés; aussi n'est-il pas facile d'en établir la composition (5),

tion, on le décida à renvoyer sur-le-champ M. Necker, qui ne le devait être que dans huit jours, espérant que, le dimanche où les États ne devaient pas s'assembler, on aurait le temps de les intimider en détail, pour ne point les laisser prendre de résolutions violentes et suppléer ainsi aux autres précautions qu'on se voyait forcé de négliger. » [Ibidem. Salmour à Stutterheim, 20 août 1789.)

(i) Dans une dépêche du 2/ij juillet 1789 publiée, sur Je texte conservé aux Archives de Moscou, par M, Feuillet de Conches {Louis XVI et Marie-Antoinette, t. I, p. 229, 2?i), le ministre de Russie, Simolin, rendit compte des mouvements de Breteuil et de son entourage avec le roi. Il est très probable que ce diplomate, qui seul donne ces informations, les tenait de Breteuil lui-même avec qui il était très lié depuis longtemps. (Le comte de Vaudreuil au comte d'Artois, 9 mars 1792. Correspondance du comte de Vaudreuil. Paris, 1889, t. Il, p. 65.)

(2) Le 8 juillet au soir, le garde des sceaux, Barentin, avait signalé au roi la motion très vive faite par Mirabeau pour engager l'Assemblée nationale à réclamer le renvoi des troupes et de l'artillerie et l'établissement d'une milice bourgeoise à Paris et à Versailles. Ce ministre prétendait que les députés du tiers et leurs adhérents avaient formé le projet de s'emparer de l'autorité royale. (Archives nationales, K. 679, n" 5J2.)

(3) Dépêche de Simolin du 2/1J juillet 1789. Op. sup. citato et Mémoires de Bailly, t. I, p. joç.

(4) Mémoires du duc des Cars, t. II, p. 69.

(5) Quoiqu'il fût peut-être l'ami le plus intime du baron de Breteuil, le duc de Castries écrivit, le ij juillet 1789, à Louis XVI pour refuser de re-

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