‹ La journée du 14 juillet 1789Chapitre 51 sur 110 · INTRODUCTION CLXXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION CLXXXI

Le 12 juillet dans la soirée, un certain nombre d'électeurs étaient venus spontanément à rilôtel de Ville pour aviser aux mesures à prendre ; ils avaient ordonné de convoquer les districts et le lendemain matin, dès cinq heures, dans toutes les paroisses, on sonnait le tocsin pour appeler les citoyens. Le 1 3, à la première heure, l'assemblée des électeurs se réunit; elle organisa l'administration de la ville et forma un comité permanent sous la présidence du prévôt des marchands, Flesselles. En outre, elle décida la création immédiate d'une milice bourgeoise pour veiller à la sécurité publique ; chaque district ne devait d'abord fournir que 200 citoyens connus, en état de porter les armes; mais quelques heures plus tard, ce nombre fut élevé à 800, ce qui faisait 48,000 pour toute la ville. Les hommes se présentaient en foule ; mais on n'avait pas d'armes à leur donner. A toutes les demandes qui lui étaient adressées, le prévôt des marchands répondait par des subterfuges et abusait le peuple par tous les moyens en son pouvoir (i).

Avant le soir, la nouvelle milice fut formée ; des patrouilles composées de bourgeois et de gardes-françaises, parcouraient la ville en tous sens, désarmaient les gens sans aveu, arrêtaient les pillards et les voleurs et faisaient bonne justice de ceux qui étaient pris en flagrant délit; on les pendait sur-le-champ. Comme on craignait une surprise des troupes royales, le comité permanent avait

et les maisons, mais il n'y eut de pillage que chez les armuriers. Sur le matin, les brigands, par très petites bandes et quelquefois isolés, frappaient aux portes des maisons et invitaient les citoyens à se rendre à leurs districts pour s'enrôler dans la garde bourgeoise, pour défendre Paris, qu'ils disaient menacé; mais ils ne faisaient violence à personne. » Annales françaises, I, 136. La Ga:{ette de Leyde affirme 0 qu'aucun forfait ne troubla cette nuit ». Supplément au numéro du 24 juillet. Le docteur Rigby dit que la nuit fut très bruyante; mais il ne signale ni vols, ni pillages. Le ij, dès la première heure, il put se promener sans danger (p. 47). Hardy confirme ces renseignements par son silence. Les ambassadeurs sont aussi d'accord sur ce point.

(i) Le Prods-verbal des Électeurs et les ouvrages de Dusaulx ne laissent rien ignorer de ce qui se fit à l'Hôtel de Ville le 12 et le ij juillet.

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