CLXXXIV INTRODUCTION
Pendant toute la nuit du 13 au 14, la plus grande agitation régna à l'Hôtel de Ville, où l'abbé Lefèvre, au milieu des plus grands dangers, ne cessa de distribuer de la poudre aux citoyens qui venaient lui en demander, la menace à la bouche et les armes à la main (i). A deux heures du matin, la délégation du comité permanent fut informée par quelques personnes à l'air effaré que tout était perdu, que la ville était prise et la rue Saint- Antoine inondée de 15,000 soldats qui s'avançaient vers la place de Grève ; mais les électeurs ne s'en laissèrent pas imposer; ils répondirent que l'Hôtel de Ville trouverait dans son magasin à poudre des moyens prompts et sûrs de faire repentir ceux qui tenteraient de le surprendre (2). Sur quoi les alarmistes se retirèrent tranquillement.
FAUSSES ALERTES DANS LA MATINÉE DU I4 — PROBITÉ DU PEUPLE DE PARIS — MANQUE d'aRMES — PILLAGE DU DÉPÔT DE FUSILS DE l'hÔTEL DES INVALIDES — INACTION DE BESENVAL — CRAINTES DES OFFICIERS SUR LA FIDÉLITÉ DES TROUPES — PREMIERS RASSEMBLEMENTS DEVANT LA BASTILLE — IMPRE- VOYANCE DU GOUVERNEUR DE LAUNEY.
Dans la matinée du 14, les fausses alertes se renouvelèrent. Sur les sept heures, une foule effrayée vint annoncer à l'Hôtel de Ville que le régiment Royal- Allemand s'était mis en bataille à la barrière du Trône; Quelques moments après, d'autres personnes accoururent dire que les régiments s'avançaient dans le faubourg Saint- Antoine ; qu'ils plaçaient des canons dans les rues, que la rue de Charonne était remplie de soldats et que le quartier était menacé d'une destruction totale. Dans le même instant, d'autres arrivèrent disant que les régi-
(i) Procès-verbal des Électeurs, D. /, p. 267. (2) Ibidem, p. 2'66.