‹ La journée du 14 juillet 1789Chapitre 54 sur 110 · INTRODUCTION CLXXXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION CLXXXV

ments cantonnés à Saint-Denis étaient venus jusviu'à la Chapelle et allaient entrer dans Paris. Aussitôt le Comité permanent envoya à chaque district l'ordre de sonner l'alarme, de dépaver les rues, de creuser des fossés, de construire des barricades, d'opposer enfin à la marche des troupes tous les obstacles que le zèle et le patriotisme étaient capables d'inventer et de mettre en usage. En même temps il fit rassembler le plus grand nombre possible de gardes-françaises et de citoyens armés, pour les opposer aux ennemis qui dévastaient, disait-on, le faubourg Saint-Antoine. Mais peu après les éclaireurs, envoyés à la découverte, apprirent au Comité que le régiment Royal-Allemand était, il est vrai, monté achevai, mais qu'il n'occupait que les dehors de la barrière du Trône et qu'il paraissait disposé à s'éloigner plutôt qu'à entrer dans Paris. Quant aux régiments de Saint-Denis, ils ne s'étaient pas avancés jusqu'à la Chapelle. On fut encore plus rassuré sur les dispositions des troupes par le nombre considérable de soldats, dragons et fantassins, qui désertaient leurs régiments et se présentaient aux barrières avec armes et bagages pour servir la Nation. On les envoyait à l'Hôtel de Ville où le Comité les distribuait dans les troupes nationales avec des précautions suffisantes pour être sûr de leur fidélité.

Dans la matinée du 14, les rues étaient encore inondées d'une multitude innombrable de personnes de tout âge et de tout état, qui les parcouraient avec des armes de toute espèce. Pour prévenir les dangers qui pourraient naître de cette agitation, le Comité permanent fit afficher un avis invitant les citoyens de tous ordres à se transporter à l'instant dans leurs districts et engageant à se faire inscrire tout de suite dans la milice bourgeoise tous ceux qui s'étaient armés sans en faire partie. En même temps, afin d'empêcher toute tentative de pillage, le Comité donna l'ordre que le Trésor Royal et la Caisse d'Escompte fussent gardés par des détache-

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