INTRODUCTION CCXXXIII
même trou, en disant qu'on voulait bien se rendre et poser les armes, si toutefois on promettait de ne pas massacrer la troupe; l'on se mit à crier: abaissez votre pont, il ne vous arrivera rien.
« C'est sur cette promesse que le Gouverneur donna la clé du petit pont-levis,. qu'il avait dans sa poche, au nommé Guiard, caporal, et Pereau, bas-officier, qui ouvrirent la porte et baissèrent le pont. Il est certain que si l'on eut prévu ce qui allait arriver, on n'aurait baissé le pont que quand on aurait apporté une capitulation par écrit, bien en règle et signée de la Ville (i). »
On voit que les Invalides passent complètement sous silence l'installation d'une batterie devant la porte principale et affirment de la façon la plus formelle que la demande de capitulation fut accordée par la foule qui se serait mise à crier: Abaïsse:^ votre pont; il ne vous arrivera rien. C'est absolument l'opposé de cej que disent J.-B. Humbert et les gardes-françaises dans le Précis exact du Cousin Jacques. Entre ces affirmations contradictoires on serait très embarrassé- de choisir, si l'on n'avait pour se décider Tautorité du principal témoin, de Louis de Flue, qui, d'après les Invalides euxmêmes, passa la demande de capitulation à travers le pont-levis et rapporta au Gouverneur la réponse des assiégeants. Or cet officier est aussi net que possible ; dans les trois versions que nous possédons de sa relation, il déclare que cette demande de capitulation fut rejetée par la foule. Pour faire la lumière sur ce point controversé, je vais citer in extenso les pages dans lesquelles le lieutenant Louis de Flue raconte comment la Bastille fut livrée aux assiégeants.
c( Les assiégeants, dit-il (2), voyant que leur canon
(i) Bastille dévoilée, 2« livraison, p. 104 à 108.
(2) Je donne ici le texte de !a relation publiée par Taschereau, dans la Revue rétrospective, t. IV (18 j4}, P- 289-290. 11 diffère fort peu du texte allemand qui suit :
« Als die Feinde sahen, dass ihr Geschoss ohnmaechtig an den Mauner