INTRODUCTION CCXLIX
menés quelque temps dans Paris, où ils durent admirer le bon ordre et le patriotisme. Les femmes faisaient bouillir de l'eau pour leur jeter sur la tête; ils voyaient les pavés rangés sur les fenêtres, prêts à les écraser et autour d'eux les milices innombrables de Paris armées de sabres, d'épées, de pistolets et plus de 60,000 baïonnettes, plus de 150 pièces de canons braquées à l'entrée des rues. Je crois que c'est leur rapport qui glaça d'effroi le camp. Nous avions les poudres de la Bastille, de l'Arsenal, 50,000 cartouches trouvées aux Invalides. ^lon avis était d'aller à Versailles ; la guerre était finie ; toute la famille était enlevée, tous les aristocrates pris d'un coup de filet. J'étais certain que la prise inconcevable de la Bastille, dans un assaut d'un quart d'heure, avait consterné le château de Versailles et le camp, et qu'ils n'auraient pas eu le temps de se reconnaître, »
Camille Desmoulins se flattait d'un fol espoir et fort heureusement ses projets ne furent pas mis à exécution. Car les Parisiens auraient trouvé sur la route de Versailles la plus grande résistance. Les troupes de Besenval avaient, à l'entrée de la nuit, quitté TÉcole militaire et le Champ-de-Mars et s'étaient repliées sur Sèvres (i), où se trouvaient déjà plusieurs régiments avec de Tartillerie pour garder et défendre le pont ( 2) . S ur toutes les routes qui conduisaient de Paris à Versailles, pareilles précautions étaient prises et, dans la nuit du 14 au 15 le maréchal de Broglie fit lui-même une inspection pour s'assurer qu'il n'y avait rien à craindre (3).
(i) Mémoires de Besenval, t. III, p. 4^7- {2) Mémoires de Bailly, I, J9v
(3) Le marquis de Sillery à M. de Savigny, 17 juilL, ^rch. ihit., KK, 647, fo 6920.
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