‹ La journée du 14 juillet 1789Chapitre 77 sur 110 · INTRODUCTION CCLVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION CCLVII

ser : « Attendez, s'écrie-t-il, que le roi nous ait fait connaître les bonnes dispositions qu'on nous annonce de sa part ; qu'un morne respect soit le premier accueil, fait au monarque, dans ce moment de douleur... Le silence du peuple est la leçon des rois. » Mirabeau avait raison de se défier. Le roi ne venait pas s'avouer vaincu et faire sa soumission. Loin de là. Il se bornait à demander à l'Assemblée de l'aider à rétablir Tordre et le calme dans Paris dont les troubles affreux affectaient sensiblement son cœur. Pour capter la confiance des députés il protestait avec indignation contre les projets d'attentat à leur sûreté qui lui avaient été attribués, il déclarait qu'il se fiait à eux et qu'il avait donné ordre aux troupes de s'éloigner de Paris et de Versailles. Il terminait en les invitant à faire connaître ces dispositions à la capitale. En entendant ces paroles, les députés oublièrent les recommandations de Alirabeau. Ils applaudirent avec frénésie. Sans réfléchir que ce discours passait complètement sous silence la question ministérielle, ils crurent alors que tout était fini. L'attachement des Français à la royauté reprit le dessus. Quand Louis XVI se retira, la plupart des députés lui firent un cortège triomphal et l'accompagnèrent à pied jusqu'au château au milieu de la foule transportée de joie. La reine elle-même, lorsqu'elle parut au balcon avec ses enfants, fut acclamée. Seuls les députés de la majorité delà noblesse, les aristocrates forcenés voyaient avec tristesse cette réconciliation momentanée qui était comme la ruine de toutes leurs espérances (i).

Lorsque les députés, après, avoir reconduit le roi, reprirent leur délibération interrompue, ils décidèrent d'abord d'envoyer sur-le-champ à Paris 88 de leurs collègues qui seraient chargés de faire tous leurs efforts, d'employer tous les moyens pour ramener le calme, pour

(i) Journal de M. de Gaupille, p. ii et 12.

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