CCLVIII INTRODUCTION
consolider la garde bourgeoise et faire publier dans tous les quartiers l'assurance donnée par le roi que les troupes allaient s'éloigner de Paris. Cette députation n'était pas inutile ; car à Paris les craintes étaient toujours aussi vives.
Quand, dans la nuit du 14 au 15, les électeurs avaient appris que les troupes du maréchal de Broglie arrêtaient les convois à destination de Paris, les électeurs avaient fait faire tout de suite le recensement des farines qui se trouvaient dans la ville ; on avait constaté avec terreur que l'on n'en avait plus que pour trois jours. En outre, les ouvriers avaient tous quitté leurs ateliers pour garder la ville ; les boutiques étaient fermées ; les malheureux, qui avaient abandonné leur travail pour défendre Paris, manquaient de pain ; pour leur en procurer, le Comité permanent ouvrit une souscription ; mais il n'osa pas encore les licencier ; car on craignait toujours d'être attaqué par les troupes. On disait qu'à Saint-Denis on faisait des préparatifs pour mettre le siège devant Paris et que le régiment de Vintimille s'était avancé jusqu'à la Chapelle. Le Comité permanent était sur le point de renouveler l'ordre de dépaver, les rues lorsqu'un particulier vint apporter la nouvelle de la démarche du roi près de l'Assemblée et annoncer la prochaine arrivée de la grande députation. On refusa d'abord de le croire et on le retint prisonnier jusqu'à ce que cette heureuse nouvelle fût confirmée.
On se fait aisément l'idée de ce que fut, dans ces conditions et dans cet état des esprits, la réception faite aux délégués de l'Assemblée par la population de Paris et par le Comité des électeurs. « Jamais, dit Bailly, visite plus grande, plus importante et plus solennelle ne sera faite à aucune ville et jamais cet honneur ne sera mieux senti et reçu avec plus de joie et de transport. Une foule immense dans les rues, toutes les fenêtres garnies, beaucoup d'ordre et partout un