‹ La journée du 14 juillet 1789Chapitre 8 sur 110 · INTRODUCTION XXXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXVII

précis pour l'attester le 9 avril 1790, c'est-à-dire près de neuf mois après l'événement. Il paraît probable que Guyot de Fléville et ses camarades ont donné au sieur Curtius un certificat de complaisance. On ne pourrait pas d'ailleurs les en bU\mer bien fortement ; car Curtius, arrivé au dernier moment, se multiplia pour sauver la vie des vaincus ; il tira Guyot de Fléville des mains d'hommes qui voulaient l'emmener à leur district pour le pendre. Ensuite il le conduisit avec une vingtaine d'autres invalides à l'Hôtel de Ville et plus tard à la caserne de la Nouvelle-France, où on leur donna à souper et à coucher.

On voit que le rôle joué par ce Curtius dans cette grande journée est bien mince. Cependant il sut obtenir des principaux vainqueurs de la Bastille, Hulin, Maillard, Tournay, Turpin et autres, un certificat daté du 19 octobre 1789 et ainsi conçu : « Nous, soussignés, volontaires delà Bastille, formant le corps des volontaires nationaux de la Bastille, sanctionné par la municipalité, reconnaissons M. Curtius, ancien député de l'Académie de Saint- Luc, pour s'être trouvé au siège de la Bastille, et, d'après les preuves de son zèle et de son patriotisme, d'après le sacrifice qu'il a fait à la patrie de ses jours, de ses nuits, de tous ses moments enfin et même de sa bourse dans différentes occasions, singulièrement au poste de la Bastille, dont il a été chargé en qualité d'officier de garde, nous réclamons que ce citoyen demeure parmi nous et qu'il participe aux places, récompenses et marques d'honneur que ledit corps, dont il est membre, pourrait obtenir. En foi de quoi nous lui avons délivré le présent comme le témoignage le plus sensible de notre estime et de notre reconnaissance. » Et le même jour Curtius recevait une sorte de brevet revêtu de la signature de Hulin, commandant. Il ne s'en tint pas là ; après avoir recueilli patiemment des certificats de côté et d'autre, il parvenait à ses fins et il obtenait le triomphe désiré : « Enfin, dit-il, le

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