‹ La journée du 14 juillet 1789Chapitre 81 sur 110 · INTRODUCTION CCLXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION CCLXIII

17 juillet, par conséquent sans avoir pu recevoir à Marly Talleyrand qui serait venu, au milieu de la nuit, l'adjurer de ne pas émiçrer. C'est un conte bleu imaginé par le dépositaire des papiers de Talleyrand (i), par M. de Bacourt, le plus ignorant des éditeurs infidèles. Le comte d'Artois fut suivi dans l'exil par les principaux membres de cette trop fameuse société des Polignac, qui fit tant de mal à la France. La duchesse, son mari, ses enfants, sa belle-sœur, la belle M""" de Polastron, la maîtresse chérie du comte d'Artois, le comte de Vandreuil, amant en titre de M'"^® de Polignac et plusieurs de leurs familiers se retirèrent en Suisse. L'abbé de Vermond qui, depuis plus de vingt ans, était le conseiller intime et le confident de Marie-Antoinette, imita cet exemple. La pauvre reine resta seule dans son palais, privée de ses amis les plus chers, sinon les plus sûrs, de ces Polignac auxquels elle avait tout sacrifié, auxquels elle avait permis de mettre la France au pillage pour eux et les leurs. Dans cette débâcle^ c'était elle la plus atteinte.

Ce n'est pas que Louis XVI n'ait eu, lui aussi, de dures épreuves à supporter. Mais apathique et indolent, il ne les ressentait pas aussi fortement que sa femme dont l'âme énergique et fière était comme déchirée pas l'abaissement de la royauté. Incapable de chercher à se réconcilier avec cette nation généreuse, si prompte à oublier les fautes et les crimes des maîtres qui lui montrent quelque confiance^ Marie-Antoinette allait ronger son

(i) Voyez dans la Reuue historique de mai-juin 1892 mon article sur V Authenticité des Mémoires de Talleyrand et notamment les p. 88 à 94, dans lesquelles je crois avoir démontré que M. de Bacourt a commis une indigne supercherie littéraire en prétendant faussement avoir reçu de Talleyrand des confidences que celui-ci n'a jamais pu lui faire. Comme ce fait n'a pas été contesté par la rédaction de la Revue historique qui a pris la défense de M. de Bacourt dans une note insérée à la suite de mon article, je pense qu'on doit le considérer comme acquis et tenir pour le plus maladroit des faussaires ledit M. de Bacourt„qui après avoir détruit le manuscrit original des Mémoires de Talleyrand, ne nous en a laissé qu'une seule copie, écrite de sa main et arrangée suivant son caprice.

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