CCLXXVIII INTRODUCTION
aux Rivarol et aux Restif de la Bretonne. Cette haine est encore aujourd'hui soigneusement entretenue par les monarchistes et plus de cent ans après le 14 juillet 1789, la prise de la Bastille n'a pas cessé d'être la pierre de touche des opinions politiques. On peut, sans crainte de se tromper, ranger tous ceux qui en médisent parmi les adversaires de l'ordre de choses que la Révolution a substitué à l'ancien régime (i).
C'est donc pour ceux qui veulent être les héritiers pieux et reconnaissants des hommes de 1789, une raison majeure de protéger et de défendre leur mémoire contre les calomnies des réactionnaires ; c'est pour eux un devoir de consacrer leurs forces à faire la lumière sur cette grande journée du 14 juillet 1789, qui a assuré le triomphe de la Révolution. Et, pour ma part, je m'estimerai amplement récompensé des longues et pénibles recherches, sur lesquelles repose ce travail, si j'ai réussi à démontrer que, loin d'avoir à en rougir, la France républicaine a le droit d'être iière de cette prodigieuse victoire du peuple de Paris et peut en fêter, sans remords, le glorieux anniversaire.
(i) En 1790, Dusaulx disait déjà : « Cette Bastille est la vraie pierre de touche pour reconnaître au juste et promplement si quelqu'un est favorable ou contraire à la Révolution. » Édition Barrière, p. 410.
Le regretté Aimé Chérest avait mis cette phrase comme épigraphe sur la couverture de son dossier de la journée du 14 juillet 1789, que M. Henri Joly a eu la bonté de me communiquer avec les autres notes que ce consciencieux érudit avait commencé à rassembler pour la composition de la deuxième partie de son troisième volume si malheureusement interrompue par la mort.
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