‹ La journée pieuse ou instructions pratiques pour sanctifier chaque jour par les exercices de la vie chrétienneChapitre 104 sur 233 · CHAPITRE V. — CONFESSION SACRAMENTELLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — CONFESSION SACRAMENTELLE

chemin, attirez désormais les âmes à la vertu par votre modestie, par votre charité, par vos bons discours ; dites avec le saint roi pénitent : « J'enseignerai vos voies, ô mon Dieu, à ceux qui s'en écartent et les impies se tourneront vers vous. » (Ps. 50.) Vous fûtes ténèbres, soyez lumière ; vous fûtes pierre d'achoppement, soyez pierre précieuse; vous fûtes mondain; soyez religieux ; vous fûtes démon, soyez ange. Publiez partout que le monde est trompeur, que ses plaisirs ne sont que fumée et dégoût, que cette vie n'est qu'un songe et l'ombre d'un rêve, comme disait Pindare ; que trois moments la composent, à savoir naître, vivre et mourir, après quoi l'éternité commence pour ne plus finir. Si tout cela est bien gravé dans votre esprit, pénétrez-en aussi l'esprit des autres. C'est ce qui s'appelle, à proprement parler, faire de dignes fruits de pénitence, faire autant pour Dieu qu'on a fait pour soi-même et pour l'iniquité ; c'est ce qui s'appelle d'un seul mot se convertir (se retourner). Vous me direz peut-être que ces vérités sont à l'usage des personnes qui commettaient des péchés mortels et qui reviennent d'une vie licencieuse à la vertu. Mais fussiez-vous, comme je l'espère, exempt aujourd'hui de fautes graves, vous savez bien quels ont été les égarements de votre jeunesse que vous ne devez jamais oublier et qui ont pu vous laisser telles habitudes, telles propensions que vous ne surmonterez pas sans l'exercice des vertus contraires pratiqué durant toute votre vie. Outre cela, prenez garde, dans vos péchés véniels, d'être du

nombre de ces âmes lâches qui passent les années dans de telles indévotions et dans des fautes si notables qu'une bonne conversion leur serait nécessaire. Et, après tout, quoique fervent que vous soyez, vous devez faire non-seulement pénitence, mais encore extirper vos péchés véniels et appliquer ce que nous venons de dire à votre état et à vos dispositions. Il y a une infinité de motifs qui nous doivent porter à avancer à grands pas dans les vertus, mais celui-là en est un, de nous souvenir que nous avons fait le contraire de ces vertus mêmes.

Ne vous contentez pas de fuir le péché et de le châtier; mais haïssez-le de tout votre cœur, autant que vous devez aimer Dieu. Il y en a qui veulent bien ne pas pécher ; mais qui, ne renonçant point à l'affection du péché, y retombent aussitôt; ils ont beau se confesser, ils recommencent toujours. Ecoutez l'oracle des Pères, saint Augustin. « Savez-vous, dit-il, quelle doit être la pénitence ? Plusieurs s'avouent continuellement pécheurs, qui se plaisent encore à pécher; c'est une protestation, ce n'est pas un amendement; on s'accuse, on ne guérit pas ; on déclare l'offense, on ne l'ôte pas. Quelle est donc celui qui forme une vraie et sincère pénitence? Celui-là seul qui est parvenu à la haine du péché et à l'amour de Dieu. Lorsque vous vous repentez de telle sorte que vous trouvez intérieurement amer ce qui auparavant vous semblait doux, et que ce qui délectait votre corps fait le tourment de votre esprit, vous gémissez comme il faut devant Dieu et vous lui dites : J'ai péché contre

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