‹ La journée pieuse ou instructions pratiques pour sanctifier chaque jour par les exercices de la vie chrétienneChapitre 105 sur 233 · CHAPITRE V. — CONFESSION SACRAMENTELLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — CONFESSION SACRAMENTELLE

vous seul et j'ai fait le mal en votre présence.» (S. Aug. Serrn. 7.)

Cherchez et employez des remèdes pour bien guérir de vos fautes et ne plus y faire de rechutes. Il y a contre chaque espèce dépêchés véniels et même d'imperfections, des remèdes qui mériteraient un livre à part, comme en a écrit le Père Aquaviva et d'autres auteurs spirituels. Mais, outre cela, il y a certaines pratiques générales qui fortifient l'âme contre toute sorte de péchés. Nous allons les indiquer.

ARTICLE II

Quelques remèdes préservatifs contre les péchés.

David, cet illustre modèle de pénitence, non content d'avoir détesté, pleuré et confessé ses péchés passés, nous apprend à pourvoira l'avenir.

«Je penserai, dit -il, à mon péché. » J'ai déjà pensé à mon péché, pour le connaître et le pleurer; mais j'y penserai et repenserai pour m'assurer du pardon et me garantir de rechute. Le mot grec signifie penser avec soin et anxiété ; voilà pourquoi saint Augustin traduit : « J'aurai soin et souci de mon péché et de ma plaie, afin de les guérir. » (In Ps. 37.)

Voyez ce que fait un homme dangereusement blessé, pour se remettre complètement; à quels sacrifices il se soumet, quelles opérations il subit, combien de médecins il consulte et de quelles précautions il s'entoure ; faites de même pour la cure de votre âme.

Suivez les avis les plus sûrs, choisissez les directeurs les plus sages et les plus éclairés de Dieu ; n'épargnez ni temps ni peine, ne refusez aucun remède, si difficile qu'en soit l'usage, et si repoussant qu'il paraisse à votre lâche nature. Enfin ne vous reposez pas que vous ne soyez parvenu à la possession d'une santé spirituelle pleine et certaine.

La première chose à faire pour panser une plaie, c'est d'arracher le fer qui y serait demeuré. La première chose à faire pour une âme pénitente, c'est d'ôter l'occasion du péché. Refermer une plaie en y laissant le fer qui l'a ouverte, c'est emprisonner le loup dans la hergerie; de même quitter le péché et retenir l'occasion, c'est ne rien quitter du tout.

Philon juif remarque, sur la fuite du jeune Joseph hors des mains de son impudique maîtresse, un mot de l'Ecriture qui n'est pas sans mystère, cà savoir que laissant son manteau il sortit dehors. Egressus est foras (Gen. 39.) Qu'est-ce à dire qu'il sortit dehors? Peut-on sortir autrement? Hélas ! oui; certaines personnes sortent au dedans en quittant un péché et non les autres, ou un péché et non ses occasions ; de même que dans une grande maison, divisée en plusieurs appartements, on peut ne quitter une pièce que pour passer dans une autre. Le chaste Joseph, lui, sortit tout-à-fait et de la chambre où il venait d'être tenté et de la maison de Puliphar ; il quitta entièrement et le péché et l'occasion du péché; il laissa derrière lui cette dangereuse femme et son propre manteau qui l'exposait à la plus insigne calomnie et devait fournir des

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