‹ La journée pieuse ou instructions pratiques pour sanctifier chaque jour par les exercices de la vie chrétienneChapitre 107 sur 233 · CHAPITRE V. — CONFESSION SACRAMENTELLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — CONFESSION SACRAMENTELLE

Si cette âme n'avait jamais été à Dieu, ni goûté ses douceurs, ni éprouvé les avantages de son service , ni expérimenté la force des remèdes, la nouvelle connaissance ou expérience de ces choses pourrait l'émouvoir et la convertir. Mais elle a éprouvé tant de grâces, elle a reçu tant de fois la sainte communion, écouté si souvent de pieuses conférences, fait tant de bonnes lectures ou méditations et vu de si touchants exemples que, si elle n'en est pas devenue meilleure, on ne sait ce qui pourra lui profiter. Ajoutez à cela que, plus les rechutes se multiplient, plus elles témoignent d'ingratitude et de tiédeur. Ah! la tiédeur, c'est le monstre secret et dissimulé qu'il faut surtout craindre après le péché mortel. Si l'état de péché mortel provoque la haine de Dieu, l'habitude du péché véniel ou la tiédeur provoque son dégoût et lui est nauséabonde, suivant l'énergique expression de l'apôtre.

Le troisième moyen est de chercher la principale source de vos maux, pour y appliquer promptement le remède efficace. Que le malade tombe en fièvre, le médecin observera si, outre la plaie, il n'y aurait pas quelque humeur secrète qui cause cette fièvre. C'est à la racine qu'il faut mettre la cognée, c'est dans la cause qu'il faut poursuivre les effets et c'est à notre vice principal ou qui nous est le plus naturel, qu'il faut apporter le remède. Connaissons notre côté faible pour le fortifier ; il y a souvent en nous un vice d'où naissent et sortent toutes les ronces, les orties et les mauvaises herbes de nos péchés ordinaires. Il faut

arracher ce vice et ce mauvais germe, quand nous y tiendrions autant qu'à notre œil ou à notre main, puisque, selon l'Evangile, nous devons arracher l'un et couper l'autre, dès que cela est nécessaire pour aller jouir de Dieu. (Matth. 18.) Appliquez à ceci l'examen particulier, les résolutions de vos méditations ou les généreux élans de vos communions. Exercez-vous dans les actes contraires à votre penchant capital et dans la continuelle mortification de telle ou telle passion qui vous domine et attire toutes les autres après elle; mais toujours en demandant de nouvelles grâces et de nouveaux secours à Dieu et aux saints qui autrefois sont tombés en la même fragilité ou qui ont brillé dans les vertus opposées. Dès que vous serez retombé, faites-en aussitôt quelque satisfaction et quelque pénitence particulière.

4° Pour parvenir à cette connaissance du vice dominant en vous et généralement pour bien vous relever de vos fautes, examinez-les et pesez-les avec crainte, puis demandez avec instance la lumière de Dieu et recevez-la avec fidélité. C'est le remède que nous prescrit saint Jean Chrysostôme en ces termes : « Ne passons pas négligemment les péchés qui nous semblent petits; mais demandons-nous en compte à nousmême tous les jours, qu'il s'agisse d'actions, de paroles ou de regards; puis adonnons-nous à la pénitence, afin de nous délivrer des rigueurs bien plus grandes du jugement dernier. » (S. Chrysost. Hom. 60 in Gènes.) Le saint docteur veut que cet examen se fasse tous les jours et devant le tribunal de notre con-

Page 1