‹ La journée pieuse ou instructions pratiques pour sanctifier chaque jour par les exercices de la vie chrétienneChapitre 117 sur 233 · CHAPITRE VI. — DE LA SAINTE COMMUNION · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — DE LA SAINTE COMMUNION

Voyez en cela un puissant motif pour bien faire quantité d'actions de vertu qui soient comme autant de parfums destinés à rendre odoriférant l'intérieur de votre âme, ou, si vous préférez, autant de tableaux et de précieuses tentures qui orneront en vous le palais du Roi céleste. Faites donc le plus que vous pourrez d'actes intérieurs et d'actions extérieures d'humilité, de patience ou de charité, et aussi le plus de bonnes œuvres que vous serez capable d'en produire suivant les occasions et suivant vos moyens.

Dressez bien votre intention; ne prétendez point communier parce que c'est votre jour ordinaire, ni par routine, ni par respect humain ; mais purement, afin de vous unir à Dieu, de faire sa volonté, de le remercier de ses bienfaits et de procurer sa plus grande gloire. Désirez d'un vif et ardent amour d'adhérer intimement et absolument à Notre-Seigneur et de vous transformer en lui.

Satisfaites avec une humble sincérité à votre prochain, si vous avez molesté, chagriné ou blessé quelqu'un ; purifiez votre conscience tant de cela que de toute autre faute, au divin lavoir de la pénitence. Pleurez sur votre misère aux pieds de Jésus- Christ.

Faites votre exercice du soir plus exactement que de coutume et, en vous couchant, endormez-vous sur quelque pensée relative à la sainte communion. Le matin, à votre réveil, que votre premier mouvement ait ce bonheur pour objet, comme si un ange était là vous éveillant et vous répétant ces paroles qu'il adressa

au prophète Elie : « Lève-toi et mange, car il te reste un long chemin à parcourir. » 3 (Reg. 19.)

Faites aussi votre exercice du matin avec plus de ferveur et d'attention et, dans votre méditation, appliquez vos résolutions, comme vos sentiments, au sujet de la divine Eucharistie.

ARTICLE III

De la préparation prochaine à la sainte communion.

Venez à l'église avec une sainte joie intérieure, plus parfaite que n'est la joie des mondains qui vont à leurs festins. Et, vous mettant devant Dieu, congédiez toute autre pensée pour cette heure-là et appliquez-y tout votre esprit. Lorsque Jésus-Christ fit son entrée dans Jérusalem, le peuple entier se précipita au devant de lui et chacun voulait arriver des premiers. Votre Roi souverain, le même Jésus, daigne vous faire l'honneur d'entrer chez vous; sortez pour aller à sa rencontre avec tout vous-même. En tête du cortège de vos puissances, marcheront l'imagination par une ferme attention et l'entendement par de saintes réflexions. La volonté suivra et accourra au devant de son roi par des élans d'amour, par de vifs et tendres sentiments, par des actes réitérés de toutes les vertus. La mémoire viendra à son tour par le souvenir spécial de la passion et par toutes les pensées qu'elle fournira sur les divins mystères et sur l'indignité de celui qui les reçoit. Le corps enfin apportera

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