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CHAPITRE VI. — DE LA SAINTE COMMUNION

ARTICLE IV

Diverses considérations préparatoires à la sainte communion.

Ces considérations se peuvent généralement réduire à deux chefs : les unes tendent à exciter en vous des sentiments de crainte et de respectées autres à vous donner confiance et amour; car Dieu veut être enlacé des deux bras d'un affectueux respect et d'une humble confiance, « mais avec plus d'amour que de crainte, » dit saint Augustin. (Ep. 118, c. 5, t. 2.)

1. Des sentiments de crainte et de respect envers le très-Saint Sacrement.

Votre entendement et votre mémoire pourront vous représenter ici les séraphins brûlant de divine charité et néanmoins se couvrant de leurs ailes par respect pour la majesté divine et par regret de l'aimer si peu ; tout ce qu'ils peuvent donner d'amour à cet objet infiniment aimable reste infiniment au dessous de ce que Dieu mérite et de ce qu'ils voudraient lui offrir. Et vous, infime créature, humble vermisseau, vous allez non-seulement vous approcher du Très- Haut, mais le toucher, et non-seulement le toucher, mais le recevoir, et non-seulement le recevoir, mais vous l'incorporer ! Ne continuerez-vous pas d'être tout feu et tout flamme que pour les objets créés et pour vous-même; et l'objet incréé, l'Etre éternel qui seul est digne de tous les amours et de tous les cœurs, ne

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trouvera-t-il dans le vôtre que froideur et indifférence ?

Mais rappelez-vous donc que le plus grand de tous les enfants des hommes, saint Jean-Baptiste, se jeta aux pieds du Sauveur en lui disant avec une sainte stupeur : « C'est moi qui dois être baptisé de vous et vous venez à moi (Matth. 3.) Mais je ne suis pas seulement digne de délier les courroies de vos sandales. » (Joan. 1.)

Le premier des apôtres ne se juge pas moins indigne de le voir ou de se voir devant lui : « Ah! Seigneur, s'écrie-t-il, je suis un pauvre pécheur, retirez-vous de moi. » (Luc. 5.)

La séraphique Madeleine pleure, soupire, sanglote, arrose et essuie ses pieds sacrés et, le cœur brisé de douleur, lui demande miséricorde. Et vous, si coupable, si pauvre de mérites, si vide d'affections, oserez-vous hardiment et d'emblée vous jeter entre ses bras et vous reposer dans son sein ? Parce que le Sauveur est bon, cesse -t-il d'être grand? et, en descendant du haut de sa gloire sur des autels terrestres et dans les cœurs humains, n'est-il plus la majesté suprême et la sainteté par essence ?

D'un regard éclairé par la foi voyez l'éclat et la splendeur de sa face sous le voile dont il la recouvre, et que votre vénération pour lui augmente avec la bonté même qu'il vous témoigne. Vous n'habitez, Seigneur, que parmi les lis des âmes blanches et pures ; il vous faut un reposoir d'or fin, îvclinatorium aureum (Cant. 3.) et un sépulcre neuf, comme celui où fut enseveli votre corps sacré. Hélas ! « Qui êtes-

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