‹ La journée pieuse ou instructions pratiques pour sanctifier chaque jour par les exercices de la vie chrétienneChapitre 122 sur 233 · CHAPITRE VI. — DE LA SAINTE COMMUNION. ?V · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — DE LA SAINTE COMMUNION. ?V

laissé la vivacité de la foi primitive s'affaiblir et le feu de l'antique charité se refroidir.

0 Vierge immaculée, ô illustres confesseurs, ô admirables martyrs, ô célestes épouses du Sauveur, ô vous tous qui avez communié sur la terre avec tant d'amour, obtenez-moi la grâce de vous imiter. J'unis ma communion aux vôtres et, comme sainte Gertrude que j'implore spécialement, j'unis ma préparation d'aujourd'hui à toutes celles que vous avez faites.

SECTION III

pour l'action même de la sainte communion.

A mesure que vous approchez de l'instant de votre communion, redoublez de dévotion et de ferveur. Et, comme la pierre qui, plus elle est proche de son centre, plus elle va vite, hâtez-vous, pressez doucement votre cœur et multipliez vos actes, sans précipitation toutefois. Déployez en quelque sorte toutes les voiles de votre dévotion, comme un vaisseau qu'un vent favorable amène en vue du port, employez toutes vos puissances, renouvelez vos actes de foi, d'espérance, de charité, d'admiration, d'humilité, de renoncement, de contrition, de pureté, d'intention, d'offrande de vous-même, etc.

Souvenez-vous toujours cependant de l'avis général que je vous ai donné plusieurs fois, de ne pas vous astreindre à tous ces actes, l'un après l'autre, et de laisser la liberté à l'Esprit de Dieu d'opérer dans le

vôtre. Il le fera, quand il lui plaira, pins efficacement que vous ne pourriez vous l'imaginer; parfois il vous occupera dans une seule pensée ou dans une seule parole qui vous unira tout à lui sans une multiplicité d'actes et de considérations. En ce cas, il faut suivre l'attrait et l'impulsion de la grâce et ne pas remplacer cette action unitive de Dieu par une opération complexe des facultés humaines.

L'heure de la communion venue, vous pouvez vous imaginer que votre hon ange vous convie de la part du Verbe fait chair à vous asseoir à sa table. Laissezvous conduire par lui en toute humilité et confiance; mais une fois là, que l'ange s'évanouisse de vos pensées; n'ayez plus en vue que le roi des anges, soyez seul à seul avec lui.

Agenouillé devant l'autel, disant votre Confiteor avec une nouvelle détestation de tous vos péchés et écoutant le Misereatur et V Indulgenliam que le prêtre récite en son nom et au votre, soyez comme une Madeleine aux pieds du Sauveur qui vous donne l'absolution. Et quand le prêtre dit : Ecce Agnus Dei, «Voici l'ageau de Dieu; » Domine, non sum clignus, « Seigneur, je ne suis pas digne, » entrez dans ces sentiments ; vous n'en sauriez concevoir de meilleurs ni de plus convenables à la circonstance.

Quand on vous met la sainte hostie dans la bouche, recueillez tout votre intérieur ; faites comme si vous aviez la Louche appliquée sur la plaie du cœur amoureux de Jésus crucifié (c'est le conseil de saint Jean Chrysostôme, Serm. de FaicIi.) ; ou comme si lui-

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