‹ La journée pieuse ou instructions pratiques pour sanctifier chaque jour par les exercices de la vie chrétienneChapitre 128 sur 233 · CHAPITRE VI. — DE LA SAINTE COMMUNION · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — DE LA SAINTE COMMUNION

renonce pour l'amour de vous ; cette fois je vous immole l'objet auquel je tenais le plus; qu'il n'y ait plus rien en moi qui vous résiste ; régnez absolument et paisiblement en mon cœur. »

Demandez et demandez beaucoup ; car le roi qui est entré chez vous est si bon, si enclin à la libéralité qu'il vous verrait avec peine ne rien lai demander. Priez-le très-humblement qu'ayant daigné descendre en votre pauvre maison, en cette cabane ruinée de votre âme, il ne s'en aille pas sans vous laisser de quoi la réparer, qu'il ne vous quitte pas sans vous laisser la grâce nécessaire pour vaincre votre vice particulier, pour dompter vos mauvaises inclinations. Dites-lui comme Jacob à l'ange : « Je ne vous laisserai point partir que vous ne m'ayez béni. »

Racontez-lui, comme un fils à son très-cher père, toutes les misères dont vous vous sentez travaillé, tant les communes et perpétuelles que les particulières et spéciales, selon votre état et selon les circonstances.

Ou bien figurez-vous que c'est un grand médecin qui entre chez vous, comme dans une infirmerie; conduisez-le par tous les coins de vous-même où il n'y a pas une seule partie entièrement saine. C'est le moment d'ouvrir votre cœur ; de confesser, de découvrir toutes vos plaies, toutes vos faiblesses, tous vos maux. Sollicitez des remèdes plus efficaces que par le passé, des secours plus puissants. Mais, de votre côté, promettez sincèrement d'en faire meilleur usage, de mieux garder vos voies, de vous abstenir plus scrupuleusement des imprudences et des rechutes qui ont

toujours retardé votre entière guérisou. Voyez surtout quelle est votre infirmité principale et demandez, s'il le faut pour celle-là, le remède héroïque. N'oubliez pas de demander une bonne mort et la grâce infiniment précieuse de la persévérance.

Priez pour l'Eglise, pour l'Etat, pour ceux qui se sont recommandés ou qui ont droit à votre prière. Et n'oubliez pas non plus de prier pour les âmes du purgatoire et de gagner, suivant les cas, l'indulgence pour elles ou pour vous.

Demandez et vous recevrez. Petite et accipielis.

ARTICLE III

De quelle manière il faut se comporter le long du jour après la sainte communion.

Je ne vous ai point donné tous ces actes et toutes ces considérations pour vous y astreindre en chacune de vos communions ; prenez-en ce qui vous suffira, et évitez surtout le trop d'agitation et de complication.

Après cela, je n'ai plus qu'une chose à vous conseiller, c'est que pendant le reste de cette heureuse journée où vous avez eu l'honneur de communier, vous ne perdiez point le souvenir de cette incomparable faveur. Soyez ce jour-là plus vigilant à la garde de votre cœur et de vos sens et plus attentif à toutes les parties de votre devoir. Adhérez à Dieu le plus intimement que vous pourrez, en l'adorant de toutes vos forces et avec toute la fidélité possible,

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