‹ La journée pieuse ou instructions pratiques pour sanctifier chaque jour par les exercices de la vie chrétienneChapitre 136 sur 233 · DE LA RÉFECTION DU CORPS · texte numérisé non relu

DE LA RÉFECTION DU CORPS

Après la nourriture spirituelle que l'âme reçoit par l'oraison et par les saintes lectures, il ne faut pas oublier la nourriture matérielle que Dieu a attachée à notre état mortel et corruptible. S'il est juste de pourvoir d'abord à la réfection du maître qui est l'esprit, il ne serait pas juste de laisser mourir de faim le serviteur. C'est donc ici le lieu de traiter de la réfection du corps et de la rendre en quelque façon spirituelle par les actes de vertu que l'âme doit y exercer. Nous trouverons encore ici bien des occasions et bien des motifs de vertu ; les âmes qui s'occupent de leur progrès spirituel liront ce chapitre avec fruit et trouveront à s'en appliquer les conseils.

SECTION I

DES PRATIQUES DE VERTU QUI PRÉCÈDENT, ACCOMPAGNENT ET SUIVENT LA RÉFECTION COMMUNE.

ARTICLE I

De ce qu'il faut faire avant le repas.

C'est la coutume des âmes zélées pour leur avancement dans les voies de Dieu, d'examiner souvent leur conscience et particulièrement deux fois le jour, vers midi et sur le soir. Employez donc un peu de temps avant votre repas à réfléchir sur les heures qui se sont écoulées depuis votre réveil jusqu'alors, ainsi qu'à remarquer et à détester les fautes commises, comme nous le dirons plus amplement à l'examen du soir.

Les occupations extérieures et mille incidents pourront, dans le milieu du jour, traverser ce bon dessein ; mais tâchez de n'y pas manquer et remettez plutôt toute autre affaire qui n'est pas d'une grande nécessité.

Rendez-vous promptement et par principe d'obéissance au lieu de la réfection et tenez-vous y debout à votre place, dans une attitude convenable, les yeux baissés, sans regarder çà et là ceux qui viennent après vous. En attendant qu'on fasse la bénédiction ordinaire, dressez votre intention vers Dieu, renonçant de bon cœur au plaisir de manger et n'ayant en vue que la pure nécessité du corps et l'ordre établi de Dieu. Voyez dans les aliments un remède commun à

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