‹ La journée pieuse ou instructions pratiques pour sanctifier chaque jour par les exercices de la vie chrétienneChapitre 137 sur 233 · CHAPITRE IX. — DE LA RÉFECTION DU CORPS · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. — DE LA RÉFECTION DU CORPS

la commune infirmité du corps et une espèce de médicament que vous allez prendre, selon la pensée et la pratique de saint Augustin, de saint Bernard et d'autres saintes âmes qui allaient à la table comme au supplice. (S. Au g. 10, Conf. 31). Dieu veut que vous preniez ce soutien corporel pour avoir des forces à le servir plus parfaitement et à servir votre prochain. « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez toute autre chose, faites tout à la gloire de Dieu. » (Cor. 10).

ARTICLE II

De la bénédiction de la table et des grâces.

Nous joindrons ces deux choses, à raison de leur égale connexité avec l'obligation où nous sommes de commencer et de terminer nos repas en louant Dieu et le remerciant. Gardez-vous d'omettre ces prières dont le motif est si juste et soyez-y présent. Saint Benoît l'exigeait rigoureusement de ses religieux et contre ceux qui venaient trop tard- ou s'en allaient trop tôt sans raison plausible, il prononçait de fortes peines après deux admonitions. (S. Bened. Reg. c. 48.) Il a suivi en cela l'usage des anciens, tels que saint Pacome qui renvoyait h jeun les retardataires, et son exemple a été suivi de saint Isidore et d'autres législateurs religieux qui les condamnaient à jeûner ou à manger seuls et séparés des autres. (S. Pac. in Reg. n. 12. — Isid. hisp. Reg. c. 9).

Faites la bénédiction des aliments et dites vos grâces comme des louanges de Dieu, par amour et à l'imitation de Jésus-Christ, modèle de toute sainteté, qui ne manquait jamais à ce devoir : car il bénit les cinq pains d'orge et les quatre autres pains qu'il voulut multiplier. Il fit de même à sa dernière cène et encore après sa résurrection à Emmaùs.Il n'omettait pas non plus l'action de grâces, puisque nous lisons dans le récit de son suprême et dernier repas qu'ayant chanté l'hymne, il s'en alla au jardin des Olives. (Matth. 16, Marc 14.)

Je dis chanté, c'est le sens du mot grec et saint Hilaire, comme Origène, pense qu'il chanta en chœur avec ses apôtres, « afin que nous apprenions à rendre grâces à Dieu, avant et après le repas. » Les vils animaux mangent grossièrement sans lever les yeux pour reconnaître le bienfaiteur; c'est ce que font, dit saint Jean Chrysostôme, ces ingrats qui oublient ou négligent de terminer leur réfection par l'action de grâces.

A l'imitation du Fils de Dieu, les premiers chrétiens, avant que de se mettre à table, se tenant debout en bon ordre, levaient leurs mains et leurs yeux au ciel ; leurs yeux par lesquels ils avaient appris les choses célestes et leurs mains qui étaient pures de tout gain illicite. Suivons leur exemple avec attention et dévotion et n'omettons aucune parole des prières ordinaires, nous souvenant que, selon l'oracle de saint Paul, notre boire et manger tire quelque sainteté de la bénédiction. « Toute créature de Dieu est bonne, dit l'apôtre, et il ne faut rien rejeter de ce qu'on

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