‹ La journée pieuse ou instructions pratiques pour sanctifier chaque jour par les exercices de la vie chrétienneChapitre 145 sur 233 · CHAPITRE IX. — DE LA RÉFECTION DU CORPS · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. — DE LA RÉFECTION DU CORPS

de devoir vivre d'une nourriture matérielle, moi qui suis un être raisonnable et qui espère me rassasier un jour au paradis de la divine ambroisie de l'amour. » (B. Esaias Orat. 3.)

Saint Laurent Justinien nous exhorte à soupirer après ce festin du ciel : « Pensez, dit-il, quand vous serez à quelque festin, que vous êtes appelé au banquet éternel ; attachez à celui-ci tout votre esprit, considérez-y le grand nombre des célestes convives, leur admirable union, l'abondance des délices dont ils regorgent, l'uniformité de leur précieuse nourriture, et l'immense étendue de la salle du festin. » (Pallad. Hist. Lans. c. 1.)

D'autres nous conseillent de manger avec un souvenir compatissant des malades et des pauvres, en priant Dieu pour eux en notre cœur. Vous ne doutez point qu'il n'y en ait une infinité de meilleurs que vous, moins bien nourris cependant, moins bien vêtus et moins abondamment pourvus des choses nécessaires à la vie. Je laisse de côté cent autres pensées du même genre que votre propre dévotion vous suggérera pour assaisonner vos repas du condiment spirituel sans lequel ils ne seraient plus qu'une opération animale et indigne de vous.

SECTION III

DE L'HUMILITÉ QUI S'EXERCE AU SERVICE DE LA TABLE ET AUX OFFICES DE LA CUISINE.

Saint Benoît dont il faut toujours louer la sagesse et suivre les conseils en tout ce qui touche aux actions de la vie régulière, montre bien hautement en quelle estime il avait ces saintes pratiques d'humilité.

Il exclut les serviteurs séculiers de ces fonctions, si vulgaires en apparence, et réserve aux religieux l'humble honneur de faire la cuisine et de servir à table, chacun à son tour de semaine.

Saint Benoît ne veut pas que parmi ses religieux, personne soit excusé de l'office de cuisine et il prescrit à tous les frères de se servir réciproquement. (Reg. c. 35.) Tout le monde doit y passer, et jusqu'aux moins valides, moyennant aide et soulagement. Il montre par là de quelle importance un tel office est à ses yeux, dans une communauté monastique ; il montre en même temps que la nourriture des religieux doit être sans artifice ni recherche d'apprêts ; mais très-simple et telle que des personnes qui n'auront jamais approché de la cuisine dans le monde la puissent préparer dans le cloître, et cela malgré la diversité des goûts et la différence des complexions.

Dans la règle de saint Basile, dont saint Benoît fait plus d'une fois l'éloge, nous trouvons que même les

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