‹ La journée pieuse ou instructions pratiques pour sanctifier chaque jour par les exercices de la vie chrétienneChapitre 159 sur 233 · CHAPITRE XI. — DU TRAVAIL DES MAINS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. — DU TRAVAIL DES MAINS

gloire. L'expérience des personnes laborieuses en fait foi et des apparitions merveilleuses le confirmèrent en plus d'une occasion.

ARTICLE II

Avec quelle disposition intérieure nous devons faire le travail extérieur.

Pour animer et ennoblir le travail de nos mains, il suffit de bien nous rappeler les motifs par lesquels nous y sommes encouragés et les avantages que nous en retirons. Ainsi, travaillant à l'imitation du Verbe incarné, vous unirez votre travail au sien pour la gloire de son Père. A l'exemple de la Vierge, vous pratiquerez la pureté d'intention la plus grande qui fut jamais après celle de son Fils. Comme les saints, vous tâcherez de travailler avec autant de simplicité que de ferveur, et à l'intention d'une fatigue méritoire. Entrez de même dans l'esprit des vertus dont nous avons dit que le travail favorise l'acquisition et le progrès. Et si le travail est au fond agréable et doux, faites-le gaîment et devant Dieu qui est le père de toute consolation.

Mais, quand vous vous mettez à travailler, élevez surtout vote esprit au divin prototype du travail chrétien et méritoire et unissez ce que vous allez faire à ce que faisait Jésus ; que votre intention soit la sienne et ses sentiments les vôtres. Par cette union de pensée et de but, vos œuvres les plus chétives et les plus

grossières aux yeux des hommes acquerront une merveilleuse excellence et agréeront singulièrement au tout-puissant Créateur du ciel et de la terre. C'est ainsi qu'il fut révélé par Notre-Seigneur même aux saintes Gertrude et Mechtilde que leur travail fait en union avec celui du Sauveur serait réputé son travail et absorbé dans son travail, comme une goutte d'eau mêlée au vin. (Bios. inMonil. c. 3.)

Il arriva un jour à la première de ces deux saintes une grande difficulté dans certaine action. Emue et contristée, elle s'adressa au Père éternel et lui dit : « Seigneur; je vous offre cette œuvre à votre gloire et louange éternelle par votre Fils unique et en la vertu du Saint-Esprit. » A l'instant même il lui fut révélé que tout ce qu'on demande humblement par le Fils de Dieu est merveilleusement ennobli et devient plus agréable son Père que tous les hommes ne sauraient le concevoir. De même que nous voyons un objet vert ou bleu, suivant que nous le regardons à travers un cristal de l'une ou de l'autre couleur, notre travail parait tout différent aux regards de Dieu, suivant qu'il lui est offert comme notre œuvre personnelle et humaine ou comme une action identifiée par l'intention aux actions mêmes de Jésus-Christ.

Unissons-nous aussi en travaillante la sainte Vierge, comme elle s'unissait elle-même à son divin Fils. Soyons en ceci, comme en tout, ses fidèles disciples et imitateurs. Saint Ambroise dit de Marie qu'entre autres vertus, elle était silencieusement attentive à son ouvrage ; mais beaucoup plus attentive à Dieu qu'elle

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