‹ La journée pieuse ou instructions pratiques pour sanctifier chaque jour par les exercices de la vie chrétienneChapitre 191 sur 233 · CHAPITRE XII. — DE LA CONVERSATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII. — DE LA CONVERSATION

ment de les juger et discuter, mais de les reprendre si peu que ce soit de quoi que ce puisse être. » (Nicol.PP. c. Nolite d. 21.)

Il est, de plus, juste et nécessaire non-seulement d'honorer les supérieurs, tandis qu'ils sont en charge, mais encore après le temps de leur administration et lorsqu'ilsseraient eux-mêmes rentrés dans l'obéissance. On ne doit pas les reprendre, même alors, des choses qu'ils ont gérées pendant leurs fonctions de supérieurs. Ce serait manquer au respect de l'autorité et témoigner quelquefois d'une intention de vengeance que Dieu condamnerait.

Il faut étendre le même respect jusqu'à ceux qui n'ont pas été ou ne sont pas nos supérieurs, s'ils sont prêtres, et aussi jusqu'aux personnes d'âge, prêtres ou non. La nature même nous oblige à ceci, comme l'ont enseigné les plus illustres philosophes. L'Ecriture nous l'ordonne de la part de Dieu, au point que saint Paul recommande à son disciple Timothée, tout évêque qu'il était, d'honorer les vieillards laïques. « Ne reprenez pas un ancien, lui écrivait-il, mais priez-le comme votre père. » (Tim. 1.)

Grande leçon pour les jeunes gens à l'égard des personnes plus avancées dans la vie, sinon même dans la perfection! Au jugement de Platon, un homme âgé de vingt ans plus que nous doit être respecté comme père et une femme du même âge que nous, comme mère. Ce grand philosophe disait aussi : « Que les jeunes gens se taisent en la présence des anciens. » (Plato Dial, 3 de kg. — Dialog. 4, de rep.)

ARTICLE II

Ce qu'il faut observer en conversant avec les égaux et les inférieurs.

« Honorez tous les hommes, aimez la fraternité, » disait saint Pierre ; (3, 2.) et saint Paul, changeant seulement Tordre des mots, disait de même : « Vous entr' aidant réciproquement d'une charité de fraternité et vous prévenant réciproquement d'honneur. » (Rom. 12.) Et, certes, les deux princes des apôtres parlaient sous l'inspiration d'un même esprit d'amour et de sagesse, parce qu'il n'y a rien qui concilie, qui nourrisse ou fortifie tant les rapports d'amitié que l'honneur et l'amour. Unissez-les toujours quand vous conversez avec vos égaux, soyez prompts et faciles à rendre honneur et déférence à tout le monde, et cela par bienveillance de sentiment et encore plus par esprit de sincère charité.

Quelques considérations vous aideront à concevoir ce respect et cet amour. Par exemple, quand vous rencontrerez quelqu'un, reconnaissez en sa personne l'image de Dieu et honorez Dieu dans votre frère ou dans votre sœur, comme dans son sanctuaire, suivant la pensée de saint Augustin. (Reg. c. 4.) Pensez, en outre, que cette âme est rachetée du sang de Jésus- Christ, qu'elle est capable de grâce et de gloire, et qu'elle fera partie du nombre des élus. Ou bien souvenez-vous que votre égal et votre inférieur même vous est supérieur en quelque chose. C'est pourquoi saint Paul nous avertit de nous tenir réciproquement

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