‹ La journée pieuse ou instructions pratiques pour sanctifier chaque jour par les exercices de la vie chrétienneChapitre 209 sur 233 · CHAPITRE XIV. — DK L'EXAMEN DE CONSCIENCE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. — DK L'EXAMEN DE CONSCIENCE

reté de cœur et un saint zèle contre les moindres péchés? Quel meilleur et plus efficace moyen de purger sa conscience de toute tache que de la secouer souvenl et de l'éplucher sans cesse pour se préparer à la confession qui achève cette œuvre de nettoyage intérieur ?

Nous avons le démon pour ennemi et notre conscience pour maison. Faisons contre lui ce que font contre les ordures et la poussière les personnes qui tiennent à conserver chez elles la décence et la propreté. Ayons toujours l'œil ouvert à notre conscience qui doit être le sanctuaire de l'esprit saint et que le démon prend plaisir à souiller de pensées impures, de paroles malséantes et d'actions criminelles. Dès que nous le voyons introduire en notre âme, par nos sens, qui sont comme des fenêtres ouvertes à sa malice, quelques matières impures, quelques débris du mal, amassons vite tout cela en un coin de la mémoire par l'examen, et rejetons-le au dehors par la contrition et la pénitence. Cet exercice est nécessaire pour purifier nos âmes de tout péché. Il l'est encore plus pour l'orner de vertus. C'est pourquoi le saint et vénérable Pasteur disait sagement que toutes les vertus s'étaient retirées en une seule hors de laquelle on les chercherait inutilement. Comme on lui demandait quelle était cette vertu servant d'asile aux autres, c'est, répondit-il, « la sérieuse et continuelle accusation de soi-même. » Or vous savez que cette belle et noble vertu est fille de l'examen de conscience ; en vain donc penseriez-vous sans cet exercice travail-

1er à l'acquisition des vertus. A quoi servira-t-il que

les prédicateurs vous avertissent et vous exhortent, si vous-même ne vous prêchez intérieurement tous les matins, comme tous les soirs, et si vous fermez l'oreille à votre propre exhortation? C'est en vain qu'on pousse celui qui veut rester dans l'inertie; en vain qu'on garde celui qui a dessein de se perdre. De quoi servira aussi à une Ame d'être dirigée par ses confesseurs, de recevoir leurs pénitences et leurs avis, si elle ne se confesse elle-même, si elle ne s'accuse, ne s'absout ni ne se condamne la première dans le secret tribunal de son cœur? En un mot, il n'y a point de vertu ni de progrès spirituel pour vous, si vous ne vous déterminez à cet exercice d'une fréquente discussion de vous-même avec vous-même. C'est par là qu'il faut commencer et par là qu'il faut continuer et achever. N'est-ce pas ainsi par l'inspection assidue de leurs ouvrages que nous voyons, dans tous les métiers, les apprentis débuter, progresser et se perfectionner ? Ils regardent, ils considèrent, ils remarquent tantôt un défaut, tantôt une qualité; ils apprennent celle-ci et corrigent celui-là, toujours en examinant leur travail et en le soumettant quelquefois à de plus habiles qu'eux. Agissez de même en votre sainte vocation; inspectez, corrigez, polissez l'œuvre à laquelle vous appliquez vos efforts ; c'est la grande œuvre, la seule essentielle et en échange de laquelle vous devez recevoir une place dans le royaume des élus.

Vous vous garantirez par ce moyen de l'effroyable jugement du souverain maître, suivant cette parole

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