‹ La journée pieuse ou instructions pratiques pour sanctifier chaque jour par les exercices de la vie chrétienneChapitre 212 sur 233 · CHAPITRE XIV. — DE L'EXAMEN DE CONSCIENCE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. — DE L'EXAMEN DE CONSCIENCE

à frapper à sa porte, demandons cette grâce pendant la sainte messe, demandons-la dans la réception des sacrements, dans nos exercices du matin et du soir, toujours et partout, jusqu'à ce que nous l'ayons obtenue.

Le bon propos et la ferme résolution que nous ferons souvent de nous garder de ce vice, sera trèsagréable à Dieu ; nous en serons plus forts et nos manquements en deviendront plus légers, ne procédant que d'infirmité humaine et non de volonté. Tous les matins, aussitôt levé, offrez en action de grâces, pour toutes les obligations que vous avez à Dieu, la protestation de vous garder de ce vice jusqu'à midi, de le combattre vivement et de n'y céder en rien.

Renouvelez cette protestation dans votre examen de midi pour le reste de la journée; le lendemain, faites de même et continuez ainsi pendant la semaine, la quinzaine, le mois ou l'année que vous avez destinée à ce combat. Parce qu'il vous semblera que vous n'avancez guère, ne perdez pas courage ; la grâce de Dieu, le temps, la persévérance et divers moyens de piété vous amèneront à la fin au plein succès. Renouvelez, par exemple, votre propos à chaque heure que vous entendrez sonner, prenant, pour moins vous effrayer de la peine, une demi-journée, puis une autre et, ainsi du reste du temps que vous fractionnerez, comme font ceux qui, à la vue d'un long et pénible voyage, divisent le chemin par étapes et n'envisagent à la fois que telle partie de leur trajet.

Examinez-vous deux fois le jour, particulièrement

il 4 LA JOURNÉE PIEUSE.

sur ce vice; voyez si vous avez fait plusieurs actes contraires, ou si vous avez malheureusement succombé à l'occasion. Dites-vous à vous-même, comme faisait un païen tous les soirs : «. Quel mal as- tu guéri aujourd'hui ? A quel vice as-tu résisté ? En quoi es-tu devenu meilleur?» (Sexlius ap.Senec,l. 3, de ira c. 36.) La colère, ajoute Sénèque en rapportant ce trait (et ce qu'il dit de la colère peut s'entendre des autres vices), la colère cessera ou se modérera, « quand elle saura qu'il lui faudra tous les jours comparaître devant un juge. » Cet examen particulier doit être, comme nous le dirons de l'examen général, accompagné d'oraison, de contrition et de pénitence. Ce que je dis d'un vice à déraciner, je l'entends aussi d'une vertu que l'on aura pris à tâche de pratiquer ou de perfectionner; il y faudra apporter les mêmes moyens d'oraison, de résolution et de vigilance.

Faisons un examen comparatif, en marquant le nombre des fautes que nous aurons commises le matin, pour le diminuer l'après-midi, ou en comparant les fautes d'un jour à celles d'un autre jour, ou d'un mois à un autre mois, pour constater si nous avons avancé ou reculé. Cette pieuse industrie n'est pas de moi ; on la trouve indiquée en plusieurs endroits des écrits de saint Bernard. Ce grand docteur prit même la liberté d'en donner le conseil au pape Eugène : « Comparez, Saint-Père, lui disait-il, vos derniers manquements avec les premiers, afin de voir si vous avez profité en vertu. (S. Bern. 1. 2, de Consid. In spec Monach. et in médit, c. 3.) Ailleurs, il enseignait

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