CHAPITRE XIV. — DE L'EXAMEN DE CONSCIENCE
Réciter sur l'heure, et deux fois au lieu d'une, la prière omise par négligence ;
Dire cinq fois de suite l'Oraison dominicale et la Salutation angélique, les deux genoux en terre ;
Prononcer lentement un Miserere, les bras étendus en croix ;
Se fixer une pénitence pour le lendemain, comme de se retrancher quelquec hose du boire ou du manger ;
Si on est dans le monde, donner tant en aumônes ;
Réciter tant de prières pour quelqu'un que l'on aura offensé de paroles ou autrement...
Il y a une foule d'autres mortifications que chacun pourra s'imposer, suivant sa condition.
11 est certain que les pénitences faites de la sorte pour chaque péché servent merveilleusement à s'en garantir et à s'en amender. « Condamnez votre âme, dit saint Jean Ghrysostôme, châtiez et fouettez votre chair, punissez-la comme une servante insolente ; si elle crie et proteste, n'arrêtez pas la main pour cela; elle ne mourra pas de ces coups, elle n'en vivra que mieux. Pour n'approcher jamais des grandes fautes, chutiez les petites. »
Enfin, pour obtenir plus aisément le pardon de vos péchés et cette grâce d'amendement, employez, comme avocats et intercesseurs, le saint ou la sainte dont on célèbre la fête en ce jour. Renforcez-vous de leur crédit, comme d'un nouveau secours, afin que vous puissiez vous guérir une bonne fois de cet attachement à vous-même et de cette délicatesse enfantine qui vous arrête dans les voies de Dieu.
i32 LA JOURNÉE PIEUSE.
Concluez en disant au pied du crucifix : « Je reconnais, mon Dieu, les deux dettes dont je suis chargé, celle de vos bienfaits et celle de mes péchés : tout ce que je fais ici-bas ne suffira pas à les acquitter ; mais je vous offre le précieux sang que vous avez répandu par un amour infini et avec une infinie douleur. C'est en ce sang que je me confie et que je prends la hardiesse de vous remercier et de vous supplier instamment qu'il vous plaise de me pardonner mes dettes passées et de me préserver des rechutes. Je vous conjure enfin, mon Jésus et mon Sauveur, de me préserver d'une mort soudaine et imprévue et des illusions de la nuit. »
Invoquez la sainte Vierge et votre ange gardien. Ajoutez quelques oraisons vocales comme les litanies. Enfin, vous tournant vers l'église et baisant la terre, adorez Notre-Seigneur du côté où est le Très-Saint- Sacrement.
ARTICLE VI
Du coucher et de la lia du jour.
De même qu'à notre lever nous devons penser que nous naissons et sommes de nouveau mis au monde, ainsi faut-il nous coucher, comme si nous allions mourir et finir notre vie avec la journée. Entre ces deux points du lever et du coucher, aussi bien qu'entre notre naissance et notre mort, la journée doit être