‹ La journée pieuse ou instructions pratiques pour sanctifier chaque jour par les exercices de la vie chrétienneChapitre 25 sur 233 · CHAPITRE I. — INSTRUCTION GÉNÉRALE, ETC · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — INSTRUCTION GÉNÉRALE, ETC

chacun doit savoir son obligation et s'y rendre fidèle; ça<\ au jour du jugement, nous ne devrons pas seulement rendre compte de la manière dont nous aurons rempli les devoirs qui s'imposent à tous les hommes, mais encore ceux qu'ajoutent à la loi commune nos fonctions spéciales et notre condition personnelle.

Mais la plus grande difficulté c'est de savoir connaître et accomplir la divine volonté dans tous les cas particuliers qui ne dépendent ni des commandements de Dieu , ni des obligations de l'état que nous avons embrassé. Qui peut savoir, en effet, si Dieu veut une chose, quand il ne l'ordonne pas; ou s'il l'inspire, quand elle est indifférente et qu'elle peut provenir de différents esprits?

Pour vous donner quelque lumière en de telles obscurités, prenez les quatre règles suivantes qui vous serviront beaucoup aussi dans l'application et l'interprétation de tous vos devoirs en général.

La première règle de conduite, quand vous doutez de ce que Dieu vous demande, est de vous soumettre au jugement de vos supérieurs ou directeurs. Pensez que Dieu vous dit, ainsi qu'à saint Paul : « Je ne te révélerai pas ce que je veux de toi; mais va chercher Ananie ; va trouver le voyant » , comme disaient les anciens. (I Reg. 9.) Sainte Thérèse suivait cette voielà, quoique Dieu lui eût parlé directement plusieurs fois; c'était d'ailleurs Dieu même qui lui avait signifié de suivie toujours ce que lui dirait son confesseur, au mépris de ses sentiments contraires. Ayez un directeur savant et homme de bien qui soit désintéressé,

sans complaisance, ni vanité ; qui ne vous attache pas à lui, mais qui vous porte à Dieu seul; autrement il vous nuira plus qu'il ne vous avancera. Mais s'il est tel que je dis, mettez-vous entre ses mains, découvrezlui exactement tous les replis de votre conscience. Ne lui cachez pas vos habitudes et vos dispositions, les mouvements de vos passions, l'empire qu'elles ont sur vous, les efforts que vous faites pour les maîtriser. Conférez avec lui des vertus principales à l'exercice desquelles vous vous sentez le plus porté et spécialement de la droiture d'intention qui vous dirige en vos œuvres et en vos paroles ; dites si vous y manquez peu ou beaucoup. Au sujet de l'oraison et des sacrements, révélez à votre confesseur quels secours vous y trouvez, quel avancement ou quels obstacles , quelle amertume ou quelles consolations. Entrez dans le même détail sur la lecture que vous avez choisie, sur les récollections particulières au moyen desquelles vous cherchez à vous rendre compte de votre état et de vos progrès, sur votre examen ordinaire, sur les dispositions que vous y apportez, sur les fruits que vous en recueillez. Informez -le du trouble ou du calme de votre esprit, de vos inspirations ou de vos tentations. Enfin avouez sans détour comment vous pratiquez ses instructions et en quels points vous profitez ou manquez le plus.

Cette ouverture de conscience à votre directeur vous humiliera et assurera aussi vos voies intérieures par le moyen de l'obéissance que vous rendez à Dieu, en obéissant à un homme. Dieu sans doute pourrait vous

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