‹ La journée pieuse ou instructions pratiques pour sanctifier chaque jour par les exercices de la vie chrétienneChapitre 75 sur 233 · CHAPITRE III. — DE LA MÉDITATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — DE LA MÉDITATION

en tous sens et dans toutes les postures imaginables; tout lui a été fâcheux, parce que vous seul, ô mon Dieu, pouvez être son repos.

Ah! mon doux Seigneur, faisons ce pacte ensemble, que je meure entièrement à moi-même, afin que vous seul viviez en moi. Je garderai en moi un silence absolu, afin que ce soit vous qui parliez. Je demeurerai sans mouvement, afin que vous seul agissiez. » (S. Aug.)

Ou plus brièvement :

« Mon Dieu et mon tout... O Dieu de mon cœur, si le monde vous connaissait!

Quand n'aurai-je qu'un profond dégoût pour tout ce qui n'est pas vous, ô Dieu de toute suavité?

Jésus, fils de David, ayez pitié de moi.

Que ne puis-je ne vous avoir jamais offensé?

Vous offenser de nouveau? non jamais, plutôt la mort.

Une seule chose m'est nécessaire; une seule mérite le nom d'affaire ; vous servir, ô mon Dieu, et me sauver.

Ou au ciel avec vous, ou en enfer loin de vous; quelle alternative, ô mon Dieu!

Je vous donne tout, Seigneur, et je ne vous donne rien qui ne soit vôtre, n'ayant rien que de vous. »

Nous n'avons traité de l'oraison que dans la mesure commune et accessible à toutes les âmes; pour celles que Dieu appelle aux voies plus extraordinaires et favorise des plus éminents degrés de l'oraison ou de la contemplation, leur directeur seul, si c'est un homme pieux et éclairé, pourra les conduire.

Oa tracerait difficilement des règles pour de telles exceptions, auxquelles s'applique tout particulièrement ce verset de l'Ecriture, que l'Esprit de Dieu souffle où il veut et comme il veut.

Combien peu arrivent à ces hautes régions où Dieu, dans sa bonté, daigne nous éblouir un instant des reflets de sa gloire et écarter le voile de ses ineffables secrets! combien peu ont le bonheur, dès cette vie mortelle, de toucher au seuil de la maison de leur éternité, de monter jusqu'à la cité des Elus et d'y entrevoir les choses divines qu'intercepte à nos yeux la grossière enveloppe dont nous sommes revêtus et obscurcis !

Saint Paul, par exemple, avait été transporté en esprit jusqu'au troisième ciel; mais l'on sait en quels termes il confessait son impuissance de raconter ce qu'il avait vu, entendu et compris.

On peut lire dans les œuvres de la séraphique sainte Thérèse les belles pages qu'elle nous a laissées sur l'oraison, et sur les quatre degrés de l'oraison ; à savoir le recueillement, la quiétude, l'union et le ravissement. Nous n'écrivons ici que pour le plus grand nombre.

N. B. — Outre la méditation proprement dite, il y a diverses oraisons particulières telles que l'oraison mêlée, l'oraison dite de mendicité spirituelle, certaines oraisons wdé terminées, etc. etc., dont oa trouvera la méthode et les formules dans la Journée religieuse, t. I, ch. 5, p. 229.

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