‹ La journée pieuse ou instructions pratiques pour sanctifier chaque jour par les exercices de la vie chrétienneChapitre 84 sur 233 · CHAPITRE IV. — PENITENCES ET AUSTÉRITÉS · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — PENITENCES ET AUSTÉRITÉS

Le corps s'abstiendrait de nourriture matérielle; niais l'esprit se nourrirait de tout ce que recherche la nature et ne saurait point s'abstenir de sa propre volonté. La chair serait enchaînée dans leshaires, dans les ceintures etlescilices ; mais l'esprit se donnerait libre carrière et ne suivrait d'autres lois que ses caprices. En frappant le complice ou plutôt l'innocent, n'épargnons pas le coupable. Le corps n'est pas l'auteur du mal; c'est l'esprit qui suggère le péché, qui invente la malice, qui forme les mauvais desseins et les passions honteuses. « C'est bien la chair, dit saint Cyprien, qui en est l'officine, c'est la chair qui est le marteau et l'enclume; mais c'est l'esprit criminel qui l'applique au mal et qui forme en elle et par elle tous les désordres qui lui plaisent. » Est-il raisonnable que celle-là soit châtiée seule qui est un instrument du mal et que l'auteur en demeure impuni? Frappez, frappez sur vos mauvaises inclinations : soyez plus austère de l'esprit que du corps, mortifiez-vous dans le plaisir que vous prenez à la conversation du monde, rompez les attaches qui vous y retiennent, soyez sévère contre les sentiments trop naturels; ne craignez pas de vous mépriser, de vous abaisser en vous-même, n'hésitez pas à contredire vos volontés et votre jugement propre; refusez-vous les soulagements et les jouissances qui ne sont point nécesaires à la vie de l'esprit, et, quand vous goûtez quelque plaisir, que la nécessité seule vous y porte et vous y fasse garder la mesure. Nous allons passer maintenant à une correction plus intérieure en même temps que plus obligatoire;

nous allons traiter d'une pénitence et plus efficace et plus générale; car elle est imposée à tous les chrétiens, quelle que soit leur condition.

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