‹ La journée pieuse ou instructions pratiques pour sanctifier chaque jour par les exercices de la vie chrétienneChapitre 89 sur 233 · CHAPITRE V. — CONFESSION SACRAMENTELLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — CONFESSION SACRAMENTELLE

mettons à nu et dépeçons tous nos péchés, en les accusant distinctement à un confesseur. 4° Nous les consumons tout à fait et les détruisons par un amendement général et par une entière conversion.

Ayant parlé de la première de ces quatre choses, qui est de rechercher et d'amener la victime, nous en sommes maintenant àla deuxième qui est de tuer cette immonde victime par le glaive tranchant de la contrition, et c'est ici encore une fois le point le plus important, l'essence même de la vertu de pénitence et la principale partie du sacrement qui en porte le nom.

Après que vous aurez bien épluché les secrets de votre conscience, tâchez, avec la grâce de Dieu, de produire un acte de contrition. Et si vous faites votre examen à diverses reprises (comme il arrive quand on se prépare à une confession générale ou qu'on ne s'est pas confessé depuis longtemps,) produisez, à chaque fois que vous vous examinerez, un acte de contrition, afin qu'il plaise à Dieu de vous en octroyer la grâce, au moins une bonne fois. Mais, dans vos confessions ordinaires, efforcez-vous d'obtenir cette grâce le soir qui précédera votre confession, en rapportant à celle-ci l'acte de contrition que vous ferez alors, et cela suffira. Ne laissez pas cependant, le lendemain, de réitérer le même acte et d'en conserver le sentiment, jusqu'à ce que vous receviez l'absolution. Tâchez donc, après votre examen, d'arriver à une parfaite contrition, sans vous contenter d'une douleur médiocre et d'une contrition imparfaite qui procède de l'appréhension des peines de la justice divine ou de l'horreur et de la

difformité du péché. Recherchez l'extrême regret qui naît de l'amour de Dieu par dessus toutes choses, et que cette douleur soit la plus grande que vous pourrez concevoir ; car elle sera comme la mesure de la grâce conférée en ce sacrement. Si votre regret demeure imparfait ou petit, vous recevrez peu ou point de grâce; et plus, au contraire, croîtra votre douleur des péchés commis, plus la grâce vous sera donnée large et abondante. Enfin la nécessité de la contrition paraît en deux choses : la première en ce que son absence ne saurait être suppléée ni par l'examen, ni par les pénitences extérieures, ni même par la confession, tandis que, dans certains cas, comme celui d'impossibilité, le repentir d'un cœur humilié tient lieu d'examen, de pénitence et de confession ; la seconde, en ce que, bien qu'il ne soit pas nécessaire d'accuser les péchés véniels, si pourtant vous le faites, le repentir est nécessaire dans votre accusation volontaire. Vous pécheriez mortellement et feriez un sacrilège, si en ne confessant que des péchés véniels, vous étiez sans regret et sans propos d'amendement. Si vous ne détestez sincèrement au moins un des péchés véniels qui constituent, dans notre hypothèse, la seule matière de votre confession, vous abusez du sacrement et vous vous rendez grièvement coupable.

L'excellence et l'efficacité de la contrition est telle que, selon l'enseignement des Pères et des théologiens, l'acte de contrition le plus instantané et le plus court a la force de blanchir une âme noircie d'horribles forfaits commis avec la plus longue opiniâtreté et

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