‹ La journée pieuse ou instructions pratiques pour sanctifier chaque jour par les exercices de la vie chrétienneChapitre 97 sur 233 · CHAPITRE V. — CONFESSION SACRAMENTELLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — CONFESSION SACRAMENTELLE

rine de Sienne. Mais vous n'êtes ni l'un ni l'autre.

Accusez-vous, c'est-à-dire parlez contre vous-même, (Ps. 38.) ainsi que faisait David, et comme un accusateur qui n'épargne point son adversaire. Ayez un vrai désir de vous faire honte par l'entière exposition de vos péchés et des circonstances de votre malice intérieure, sans l'atténuer, comme fit Eve, ni rejeter la faute sur autrui, comme fit Adam; mais a\ec dessein de vous humilier, en satisfaction de l'extrême hardiesse que vous avez eue d'otfenser Dieu.

Je vous exhorte à prendre cette louable coutume de toutes les saintes âmes, de ne pas cacher les fautes vénielles honteuses, quoiqu'elles ne soient pas de nécessité dans la confession, de peur que, laissant cette mauvaise timidité avoir prise sur votre esprit, il ne vous arrive par malheur un jour ou l'autre de n'oser déclarer quelque péché mortel.

ARTICLE II

Quelques imperfections à éviter dans les confessions.

Bien que l'accusation des péchés véniels ne soit pas nécessaire, qu'il n'y ait pas sacrilège à les retenir et qu'on puisse en avoir autrement la rémission, selon saint Thomas et tous les théologiens, (S. Th. 3 p. q. 87 a. 3.) vous ne devez cependant jamais omettre de les confesser tous, et cela pour les raisons suivantes.

Il n'est pas toujours facile de discerner le péché mortel d'avec le véniel et, dans le cas où vous doute

j 7<S LA JOUBNÉE PIEUSE.

riez s'il est mortel, quoiqu'il ne fût que véniel, vous seriez obligé de le confesser, à moins de dissiper votre doute auparavant par des raisons justes et probables,

La rémission du péché véniel est bien plus certaine dans la confession par la vertu du sacrement que hors de la confession par vos actes propres.

En confessant vos péchés véniels, vous pratiquez plusieurs actes de vertu, actes de foi, d'espérance, de charité, d'humilité, de patience, d'obéissance, etc.

Le sacrement de pénitence donne à la personne qui confesse les péchés véniels un nouveau degré de grâce habituelle et par conséquent lui donne droit à un nouveau degré de gloire. Et, outre la grâce habituelle, vous y recevez la grâce sacramentelle propre à ce sacrement, à savoir certains secours surnaturels par lesquels Dieu vous préserve de rechute et vous protège dans les occasions du péché. Voilà des dons que n'obtient pas l'âme qui cherche dans d'autres moyens la rémission de ses péchés véniels.

Or, pour recevoir tant de bons effets avec une infinité d'autres, il faut remarquer et éviter d'abord certains défauts que l'on peut commettre dans la confession, et, en second lieu, prendre les dispositions que demande une si sainte action.

Quant aux manquements qui s'y commettent, gardons-nous, dans le sacrement de pénitence, de rien faire, comme dit saint Àmbroise, qui ait ensuite besoin de pénitence.

Ne vous confessez point avec étourderie et précipitation, disant les choses que vous n'avez pas laites,

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