CINÉMA CORRIDA E MUERTE
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Feria regagna les écuries en trébuchant dans ses tripes. On lui avait souvent défoncé le ventre et souvent remis en place les boyaux. Naturellement, c'est le taureau qui étripe et les garçons d'écurie qui recousent. Une fois de plus, et pour ainsi dire professionnellement, Feria partit se faire recoudre.
Il laissait derrière lui quinze mille spec* tateurs, un picador désarçonné, le soleil de seize heures quatorze, et la fantaisie de Vicente Pastor qui aguichait d'un manteau orange et or un bicho de Miura. Quand la porte peinturlurée d'ocre fauve se referma sur lui, les quinze mille spectateurs clamèrent un « olé I »
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magistral, mais Feria savait que ce n'était pas pour lui et il ne songea point à jalouser ni le bicho, ni Pastor. Gomme il était, malgré tout, yaguement étourdi, il trotta vers l'auge d*eau courante, reçut une tape discourtoise sur le derrière et se décida à penser que ses tripes le gênaient. Des êtres mal rasés aux mains douleur de pain d'épice, n'attendaient que ce moment pour réemballer ce luxe de viscères révélées sans pudeur par Feria au tout- Saint-Sébastien et à Sa Majesté Alphonse XIII.
Ces événements se passaient au cœur de l'été et dans cette colonie qui a fait espagnole une terre basque. Le roi, condamné par le protocole à suivre la mode et par sa jeunesse à préférer Biarritz et Saint-Sébastien k Madrid, assistait à la course. Le nom de Feria vous avait d'ailleurs instruits que nous étions en Espagne. Remarques cependant que Feria venait originairen^nt du Poitou et que ce nom était son nom absolu. Le nom qu'on lui donnait à l'écurie ne ressemblait pas à cela. On disait Fuantilla ou Estra, je ne saurais préciser, mais ôe n'était pas bien original et, sans chercher si loin, la vérité veut la vérité* Feria savait seul qu'il s'appelait Feria et cela suffit pour un cheval de corrida.
On ne prend pas assez au sérieux les che* vaux de corrida. Je ne parle pas ici des jeunes dames délicates qui s'évanouissent au premier
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jet de sang sur la peau de Feria et de tous ses cousins. Je parle des hommes raisonnables et solidement équilibrés — mettons aficionados, pour aroir Tair d'écrire en espagnol — qui déplotetit que les somptueux chevaux de sang, prévus par la tradition tauromachique»
soient remplacés par d'aussi fâcheuses rosses.
C'est faux ! C'est à moitié faux»..
Je vous jure que Feria était moralement aussi convaincu de. sa beauté que s'il fût né de parenta royaux dans un haras impérial.
D'abord il ne se regardait jamais dans une glace. Ensuite, collaborateur consciencieux et tranquille d'un grand art, il se sentait artiste, ce que permet l'habitude du soleil espagnol, des toreros chamarrés et bien cuisses, et ce que développe — comme la phtisie ou l'endocardite pour un poète — la perte régulière d'un sang impossible à récupérer. Feria n'avait pas besoin de se sentir des muscles fins, des jarrets étonnants, des naseaux impétueux, une croupe d'aimée et des rubans émaillés de médailles pour estimer la corrida de ce jour égale à celle du temps plus caparaçonné des anciens rois. On l'eût bien étonné en lui expliquant que les beaux chevaux de ces lointaines séan< ces laissaient aux spectateurs un regret éternel. Est-ce que lui, Feria, demandait à Alphonse XIII d'être pareil à Charles-Quint ?
Le ventre bien cousu, comme ces colis
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qu*ôn deBtiiie aux prisomiiers de guerre, il réintégra Taréne avec la cuadrilla de Gaona pour la deuxième course. Il y avait six courses et, normalement, Feria n'eût pas dû prendre part aux six, puisqu'il était affecté à la cuadrilla de Pastor et puisque, en principe, on ménage les chevaux dont on vient d'empaqueter les intestins. Mais le roi était là et il fallait « faire nombre » et l'éblouir au cas où il eût pensé à autre chose.
Feria croisa en chemin — dans la cour battue qui sert de coulisse à la plaza — le cadavre du petit taureau traîné par les mules ensonnaillées. Il le considéra sans mépris et sans indulgence car il n'avait pas l'âme assez sotte pour se griser de sa supériorité à la vue d'un inférieur. Il se félicita seulement de n'avoir jamais été tratné de la sorte par des mules et des valets. Bien qu'il eût un œil bandé et l'autre myope, il trouvait toujours tout seul le chemin de la sortie quand il avait été chirurgiqué d'un coup de corne.
Le second bicho bondit hors du toril et fit trois tours de piste comme un jeune fou qu'il était. On l'attira au jeu de quelques capes. Mais il n'insista pas. Il dédaigna même les chevaux et ne sembla pas enclin à se faire banderiller. Gaona sauta par-dessus lui sans qu'il daignât s'en inquiéter. Gaona faillit d'ailleurs glisser dans une flaque de sang où le
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sable avait fait boue, mais il se releva et pirouetta sur la pointe du pied de manière que son chausson de bal éclatât et que la foule applaudit.
Feria aimait beaucoup Gaona, pour ses hanches de fille, ses yeux de tzigane et sa peau moresque — et il estoque sa bête avec un air de négligence particulièrement enchanteur.
Feria, pour une fois, ne regarda pas les promesses plastiques de son idole. Un objet incontiu venait de retenir le regard complexe de son œil unique. Derrière la barrera, près des tribunes, entre le public et la piste, il y a toujours un petit groupe de gens qui ne sont ni du public ni des cuadrillas : managers, valets, gendarmes, journalistes et surtout photographes ; selon la coutume, les photographes étaient là, augmentés de ce qui surprenait Feria : un appareil de cinématographe.
Quelque affilié de Pathé venait enregistrer les vues de la course — avec des a premiers plans ».
Le cheval comprit que c'était une espèce de photographe. Et comme l'appareil était beaucoup plus important qu'un appareil photographique, il estima que c'était plus et mieux qu'un photographe, nous dirions : un superphotographe.
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Le geste de tourner la manirelle de l'appareil parut à Feria un des plus beaux qu'il eût jamais tus. Il en fut si réjoui qu'il crut soudain être un jeune poulain frétillant et, par la même occasion, oublia le poids de cuir, de ferraille et d'os épais, de son cavalier.
Malheureusement cette minute de béatitude inconnue fut troublée par le bicho qui vint brutalement sur la pique du picador, la fit voler en l'air et encorna le poitrail de Feria. Celui-ci s'inclina à peine, juste assez pour coucher le cavalier dans le sable, puis, se redressant, il repartit vers la sortie. Ses boyaux ne se montraient guère, mais son état l'absorbait assez pour le détourner de penser au superphotographe et à ses jolis gestes.
Quatre seaux d'eau fraîche sur la tête et l'aiguille du tailleur de peaux chevalines remirent d'aplomb l'esprit de Feria.
Le souvenir de l'appareil inconnu lui revint. Il se sentit immédiatement aussi alerte qu'un cabri et de fait essaya de cabrioler et du moins il boitilla sur ses jambes maigres qui vibraient sous le coup d'amers frissons,
La troisième course appartenait à Vicente Pastor. Les passes furent hors de pair. Le roi Alphonse regardait la marquise d'Uni, La reine d'Espagne ne pensait pas à Ruy Blas.
L'opérateur de cinéma s'occupait de Pastor. Que l'histoire sache aussi que Pastor
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s'occupait de ropérateiir de cioéma. Pastor et sa tête de berger s'offraient aussi courtisanesquement que possible aux machinations du superphotographe. Il faisait des sourires d'acrobate — ou de torero, après tout — et mettait en valeur, de son mieux» un mollet dont il n'y avait que du bien k dire et k penser comme vous TeÂt confirmé nlmporte quelle demoiselle facile '^^ et môme difficile — de l'assistance».
Feria s'en aperçut.
Il sourit aussi en retroussant ses vieilles babines grises sur ses dents fatiguées. Le cinématographiste ne crut pas pour cda devoir braquer son appareil sur le cheval, dont le picador était cependant beau à voir avec sa hideuse tête de gouape et sa veste rutilante. L'opérateur pensait peut-être lui aussi qu'une rosse n'est qu'une rosse et que le temps chevaleresque des corridas avec chevaux de tournois valait mieux. A moins qu'il ne pensât simplement à l'immensité artistique de la maison Pathé, ou encore plus simplement à la quantité de mètres de pellicules déjà employée.
Le picador botta vainement les flancs de sa bête pour faire face au taureau. Feria voulait rester dans le voisinage du cinéma — et y resta. Pour voir « où l'on en était » il regarda la piste avec son œil libre et vit le
taureau en face de lui. Ce bicho avait des yeux d*andalouse ; un siècle de poèmes romantiques vous a trop bien renseignés sur la valeur d*un œil d'andalouse pour qu'il soit nécessaire d'insister. Prit-il le regard oblique de Feria pour un appel ou un défi ? Il tapa légèrement le sol de son sabot d'avant droit, baissa la tête, renifla spirituellement et d'un élan se trouva sur le cheval qui se crut traversé de part en part. Puis le taureau s'occupa d'autre chose. On emmena aux écuries le picador que les valets tenaient par le bras et Feria que les valets tenaient par la bride.
L'opérateur de cinéma ne s'était aperçu de rien. Pastor lui souriait toujours.
Souhaitez-vous d'être opéré de l'appendicite trois fois en moins d'une heure ? Feria ne l'avait pas souhaité. Aussi trouva-t-il qu'il était mûr pour le sanatorium, la cure d'eau de mer ou les pilules Pingre. Ces trois encornages successifs bouleversaient ses habitudes. On ne l'avait Jamais recousu plus de deux fois en un dimanche.
L'orchestre entonna la grande fanfare des commencements de course. Machinalement Feria leva le nez vers la porte de la piste comme ces danseuses de beuglant qui obéissent à l'appel familier du piano.
Les valets furent surpris de voir Feria
encore si allant. JMais un valet espagnol ne fait pas de conférence sur ses sentiments.
— Hu ha I crièrent-ils.
Feria fut donc incorporé à la cuadrilla de Gaona pour la quatrième course. On fit une ovation toute spéciale à Gaona parce que Vicente n'avait pas très bien estoqué le Miura précédent. Le vacarme des exclamations fut pour Feria le plus généreux des reconstituants. Il guigna de Tœil — toujours le même œil — le superphotographe : était-il encore là avec ses jolis gestes P II était là, mais sans gestes, car Bodolfo Gaona tournait le dos à l'opérateur comme s'il ne l'avait pas vu. Gaona surpasse en coquetterie la Macarona ou Maria Manilla des restaurants dansants madrilènes.
Quoique tout ce que fît Gaona fût bien fait, notre Feria ne se crut pas obligé de l'imiter cette fois. Et d'ailleurs un cheval ne peut pas absolument et toujours imiter une espada.
Feria résolut tout bonnement de remplacer Gaona pour l'opérateur et de se poster devant lui.
Ce ne fut pas un mince ouvrage.
Son cavalier qui ne voulait rien savoir — et qui préparait sans doute un coup de lance hors concours — tira sur la bride, écorcha le ventre avec le coupant de ses grands étriers et mêla en d'étranges invocations la Vierge, l'enfant Jésus, saint Philippe et toutes les
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maisonB de proftiitution de l'Espagne entière.
Feria gagna tout de même du terrain.
L'opérateur semblait même s'intéresser enfin à lui et portait la main à sa manivelle — je veux dire, à celle de son appareil — pour prendre ce beau groupe. Alors le Miura, en trois gambades, démolit le beau groupe, ce qui expédia le picador par-dessus la barrera et Feria au milieu du sable, les pieds encore une fois entortillés dans ses boyaux.
Cinq minutes après, Gaona était porté en triomphe, recevait l'oreille du taureau, joyeusement et pieusement coupée pour lui.
Feria se fût laissé couper les oreilles, sans en être le moins du monde affecté.
Aussi parvint-on à lui reconstituer l'abdomen très convenablement. Il n'en tira ni joie, ni souffrance. Il commençait à s'y habituer.
Ces opérations répétées, qui amollissaient son système nerveux et dispersaient les dernières gouttes de son pauvre sang de pauvre, décuplaient sa volonté. Feria, qui de sa chienne chevaline de vie n'avait jamais rien voulu, se mettait à vouloir. Ainsi dans l'existence de tout être surgit un moment — qui dure un demi-siècle ou trois secondes — fixant un but à cette existence qui n'en avait pas. Feria possédait un but, comme Pasteur ou Périclès. Il suivait le mirage d'un idéal. Et maint idéal
fut pire qu'une boîte enregistreuse juchée sur trois pieds de sauterelle.
Rien donc que de très naturel, le retour de Feria sur la piste. La cinquième course l'attirait. II y eut ainsi des individus qui ne manquèrent pas une seule croisade. Et une corrida est tellement plus synthétique à tous égards que ces satanées saintes croisades I...
Pastor, exaspéré par le succès de Gaona, était prêt à tout. Sa peau avait bruni de colère et d'ambition. Il lui fallait un coup de maître — et le cinématographe disparut de ses soucis.
Feria qui n*aimait pas Vicente Pastor — Feria devait-il nécessairement être juste ? et, ma foi, il était sentimental — se désintéressa absolument du matador et s'activa de nouveau pour gagner la faveur du superphotographe.
Par une chance inquiétante, son cavalier eut une espèce d'idée du même genre. Tout s'arrangeait donc pour le mieux dans le paradis taurin.
Le bicho d'alors se moquait pas mal des chevaux et des picadores. Il avait essuyé presque distraitement les coups de pique réglementaires. Les capes l'effleurèrent comme la rosée les roses. Il se rit des vingt-quatre banderilles agrafées sur son garrot. Il joua princièrement avec Pastor, puis se livra à lui, se laissa fatiguer, griser, - assouplir, endormir.
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Pastor se surpassait. L'ivresse de la réussite rendit une sérénité exaltée à son esprit fiévreux. Il se souvint alors qu'on l'enregistrait pour la postérité.
Il résolut donc de tuer le bicho sous le nez du cinématographiste.
C'est pourquoi Feria dut reculer sur l'ordre brutal de son cavalier à qui l'œil de Pastor l'avait signifié.
Il se prépara une harmonieuse estocade a recebir — où le taureau vient élégamment se poser sur l'épée nue pour mourir à genoux — mais qu'est-ce que cela peut nous faire ?
La course était manquée, puisque Feria n'avait pu satisfaire son idéal moderne.
Au reste la belle estocade fut calamiteuse pour Pastor dont le bicho laboura la cuisse — et la culotte de soie» par-dessus le marché. Ce bovin sournois éventra Feria en passant»
comme vous vous y attendiez, et puis se laissa tuer par n'importe qui.
Le cinématographe prit cet incident. Pastor, s'il l'avait su, se fût fâché, mais il s'était évanoui. Quant à Feria, ayant culbuté les quatre fers en l'air, il n'était pas dans le champ de l'objectif. Tout cela n'est pas pour surprendre.
Sixième et dernière course.
Gaona parut au milieu des bravos, avec celte mine modeste qu'on voit sur le visage
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des beautés célèbres quand elle entrent dans un bal. Et, de vrai, il fut très émouvant. Ce latin ou ce créole a des simplicités d'anglosaxon. Durant toute la course, il ne bougea d'un petit espace de trente centimètres carrés qu'il avait marqué avec le talon. Quand on aime ou qu'on sait aimer les corridas, un tel art incarné par un tel artiste est une bonne chose.
Il est évident que Gaona tournait le dos à l'opérateur et que Feria revint pour la sixième fois sur des guibolles en pâtes d'Italie trop cuites.
Il tremblait pitoyablement. Son œil y voyait comme la moitié d'un œil de pochard.
Et le picador qu'il portait pesait d'un poids terrible, n
— Va, Gaona I pensait-il pour se donner du cœur au ventre ou, en tous cas, du ventre au ventre.
Et il s'affaira en l'honneur du superphotographe, pendant que Gaona rayonnait d'une sorte de génie glacé dans sa danse immobile et muette.
L'orchestre, qui marque les pauses, disparaissait sous une cataracte d' « olé » et de « viva ». Une grande course en vérité que ce dernier quart d'heure de corrida.
Feria, à l'insu de tous et presque de luimême — il n'aurait su dire où il était, ce qu'il
faisait, ce quil voulait — vint se camper devant l'employé de Pathé. Celui-ci s'ennuyait. Il avait raté tout à l'heure, par la faute de Vicente, la scène du picador. Il se mit en posture de se rattraper.
Le cheval vit alors quel désastre se préparait. L'opérateur, qui trouvait — et je ne redirai pas pourquoi — inutile de cinématographler un carcan, disposa son appareil de manière à ne prendre que le buste du cavalier. Il commença même de moudre son moulin à photographier.
Feria agit.
Lui qui se croyait en agonie depuis plusieurs minutes et qui s'étonnait de n'être pas déjà couché sur le sable sanglant — se cabra. Positivement, malgré Tinconvénient de ses jambes aux ressorts perdus, malgré la gêne de son ventre en forme de ballon de boxe, malgré les incalculables kilos de son cavalier stupide, il se cabra et fit paisiblement le beau.
Le picador n'eut qu'à rouler sur lé sol.
Gela aida Feria à prolonger une attitude brillante qu'il eût maintenue pendant des temps indéfinis.
Le superphotographe se tordait, mais faisait marcher son appareil. Le roi regardait de ce côté-là et il n'avait rien à voir dans la question. Gaona gaîné dans son complet de soie
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noire et d'or, et chaussé de bas blancs, agitait à ravir sa petite muleta dont le rouge va bien avec le soleil de fin d'après-midi
Et le bicho, qui semblait s'être mis à son entière disposition, se détourna deux secondes pour venir faire remarquer à ce cheval prétentieux qu'il troublait la beauté générale.
C'est ainsi que Feria, pétrifié dans un geste qu'on réserve aux pur-sang et dans un idéal très distant des choses terrestres, fut éy entré pour la sixième fois dans son après-midi.
Le superphotographe ne tournait plus la manivelle. Le taureau courait à la décision cruelle du matador.
La foule hurlait comme un chant :
— Gaona I Gaona I Gaona I
Et Feria tomba et s'allongea sans même le savoir. D'ailleurs il était mort avant de toucher terre.
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