LA COUR DES AIDES
même que celui du Parlement. 11 s'étendait à tous les pays qui faisaient partie de la Langued'oïl sous le règne de Charles Y.
Les états de Languedoc, avec le Rouergue, le Quercy et la partie alors française de la Guienne eurent, dès l'an 1390^ leurs généraux des finances chargés d'administrer tous les deniers levés au profit du roi dans la province, et même les revenus du domaine \ Ils étaient investis de la juridiction contentieuse comme les généraux de Langued'oïl. Us furent érigés en Cour des aides en 1437 % et rendus sédentaires à Montpellier en 1467, puis réunis à la Chamhre des comptes en 1629. La compétence de la Cour de Montpellier était la même que celle de la Cour de Paris ^
La Cour des aides de Rouen, qui avait pour ressort la Normandie, paraît avoir été créée, en 14S0, par démemhrement du ressort de la Cour de Paris. Elle fut réunie à la Chamhre des comptes de Normandie en 1705 \
Une Cour des aides fut créée, en 1557, à Clermont-Ferrand. Elle eut pour ressort l'Auvergne avec les élections de Limoges, Gannat, Tulle, Brives et Guéret.
La Cour des aides de Bordeaux, pour le ressort du Parlement de Bordeaux, fut créée en 1637.
Celle de Pau, créée en 1632, fut aussitôt réunie au Parlement de Navarre.
Celle de Cahors, étahlie en 1642, fut transférée à Mon-
^ Mémoires pour servir à Vhisloire du Languedoc, par M. de Basville^ intendant de cette province, Amsterdam, 1734, p. 143. Voir aussi Dionis, Mémoire précité, p. 142.
■^ Lettres patentes du 20 avril 1437.
8 Èdits des 19 juillet 1512, 13 octobre 1513 et 1552.
^ Houard, Dictionnaire du droit normand, v° Echiquier, Rouen, 1780. La compétence de cette Cour fut définie par une déclaration du roi Charles YIll en 1483.
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liuihaii (Ml KirJO ol uwu) ;iii luirraii <I<!S rniiiiiccs. Son iTssort comprenait l<;s onzo ('^ludions (!<? iVlonlaiilmn, Cûiliors, l^'ij^^oac, Villerranclir, liodrz, iVliliiau, Loniaf^nr, lUviore-Vtudun, Armaf-nac, Aslarac et Coirnnin;^(;s.
La Cour dos aides de Cirenoble fut créée en 1G38 et unie au Parlement de Dauphiné en lOriH.
D'autres (lours, créées sous Henri II h Périgueux {\ rj;j3) ' et sous Louis Xlll dans les villes d' Agen (i 029) , Lyon (1 030) {^t Caen (J038), ne durèrent que quelques années.
Dans la plupart des provinces successivement réunies à la couronne existaient déjà des Cours souveraines, qui étaient à la fois Cours des aides et Chambres des comptes ; par exemple, en Provence, en Bourgogne, en Franche-Comté, dans le Barrois et la Lorraine. Elles furent maintenues lors de l'annexion à la France. Toutefois, la Chambre des comptes et aides de Dijon fut réunie au Parlement de Bourgogne, en 1030, et celle de Dôle au Parlement de Franche-Comté, en 1771.
Les Parlements de Rennes et de Douai étaient en même temps Cours des aides en vertu des édits de création.
Enfin, dans les provinces les plus récemment conquises,
' Diouis, Mémoire précité, p. 195. La Cour des aides de Périgueux l'ut créée par édit du 21 mars 1533. Son ressort comprenait la Guienno, l'Auvergne et le Poitou. Supprimée par édit de mai 1534 sur les réclamations de la ville de Bordeaux et de la Cour des aides de Paris, elle fut rétablie par édit de juin 1354 sur la demande de la ville de Périgueux, et enfin installée le 16 décembre 1534. La Cour des aides de Montpellier réclama à son tour et obtint un arrêt du Conseil du 21 novembre 1556 qui replaça dans son ressort le Rouergue, leQuercy et la Guienne ; enfin, un édit de mai 1557 incorpora la Cour des aides de Périgueux au Parlement de Bordeaux (Griin^ Monlaigne magistrat^ Paris, 1854). En fisant ces faits, qui nous semblent si étranges, il ne faut pas oublier que sous l'ancienne monarchie les charges étaient vénales, et que, par conséquent, les créations d'offices étaient pour le i^ouvernement ce que sont aujourd'liui les emprunts publies.