ORIGINES DE L INSTITUTION
les traditions de l'administration romaine, et avec elles la justice administrative.
C'est ici, vers le milieu du treizième siècle, que com- i yj mence notre histoire. A partir de ce moment, nous pouvons suivre dans son développement progressif l'institution de la justice administrative. D'abord un même mouvement se fait sentir à la fois dans tous les Etats de l'Europe. La Cour de justice du prince, la Cour féodale primitive, se divise en plusieurs sections distinctes. On voit s'en détacher d'abord une Chambre des comptes ou Echiquier, pour le domaine et les finances, puis un Conseil privé pour les affaires de gouvernement et d'administration. Des juridictions spéciales s'établissent à mesure que le pouvoir central devient plus fort et son intervention plus fréquente. Puis arrive un moment où les institutions des divers pays cessent de suivre une marche parallèle. L'Angleterre revient sur ses pas. Une fois en possession de la liberté constitutionnelle et du self government, elle ramène l'Echiquier au niveau des autres Cours de justice qu'elle protège contre les entreprises du Conseil privé. En France, au contraire, et dans les autres monarchies du continent, tout marche et se précipite vers la centralisation et le pouvoir absolu. Les anciennes juridictions spéciales ne suffisent plus aux besoins de l'administration nouvelle. Elles ressemblent trop encore à des Cours judiciaires. Leurs pouvoirs passent aux intendants et au Conseil d'Etat, et l'administration assure ainsi son omnipotence, jusqu'au jour où les principes de 1789, pénétrant peu à peu dans la justice administrative, lui communiquent un esprit nouveau, et transforment une invention du despotisme en une garantie de la liberté.
C'est cette lente et constante évolution que nous allons étudier.
CIIAriTIlE I.