PREMIÈRE PARTIE
LES JUGES ADMINtSTRATIKS.
Avant d'entrer dans cette étude, marquons-en nullement le point de départ.
On chercherait en vain dans les républiques de l'antiquité quelque institution analogue à la justice administrative. Le peuple y faisait lui-même ses affaires, ou les confiait pour un temps à des hommes élus par lui, responsables devant lui, sans hiérarchie ni subordination permanente. Ainsi, point d'administration organisée, formant un des pouvoirs de l'Etat et jalouse de son indépendance. Pas même de séparation des pouvoirs, car on ne comprenait guère, alors, qu'un homme investi d'une portion quelconque de la puissance publique n'eût pas le droit de rendre un jugement et de publier un édit1. Il est vrai que la liberté publique trouvait d'autres garanties : la respon-
1 Platon, Lois, VI, p. 767 A : navra à>y.ov7X àva-fxxï&v xal $ut*<mr,v slvai rtvwv. Cicéron, De legibus, 111, 3 : « Omnes magistrats auspi- « cium jwliciumque habento. » Les jurisconsultes romains désignaient les attributions dos magistrats sous les noms d'imperium , jtiristlicliu H ju* edicendi*