ORIGINES DE L'INSTITUTION
sabilité des magistrats, le droit de veto ou d'interces.v »n dont ils étaient armés les uns à l'égard des autres, ci. par-dessus tout, la participation des citoyens à l'exercice de tous les pouvoirs. Voilà pourquoi la (irèce et Home n'ont pas connu la justice administrative.
C'est dans l'empire romain qu'il en faut chercher le germe et le premier modèle. Quand la république eut fait place à l'empire, Home sentit à son tour peser sur elle le joug qu'elle avait imposé à ses provinces. Le peuple fut exclu des affaires. Tous les pouvoirs qui, jusque-là, s'étaient surveillés, contrôlés, limités mutuellement, se trouvèrent concentrés dans les mains de l'empereur. Nommés par lui, responsables envers lui seul, les magistrats furent subordonnés les uns aux autres et soumis à une sorte de hiérarchie militaire. Ainsi naquit radininistrationroinaine, et avec elle la justice administrative.
Ce n'est pas que les empereurs eussent à redouter la résistance de grands corps judiciaires, puisque la juridiction ordinaire appartenait aux gouverneurs de province et que les appels étaient portés à l'empereur. Mais, quoique les jugements comme les lois fussent à la discrétion du maître, la politique impériale voulut encore avoir pour les affaires administratives des juges spéciaux, plus directement et plus étroitement dépendants. Elle institua les procurateurs.
Ces nouveaux fonctionnaires, pris d'abord parmi les affranchis, puis bientôt parmi les chevaliers, n'étaient, iiu fond, que les intendants de la fortune du prince (jsrocura tores rei privtttœ Canaris). A la différence des préfets du trésor publie l, ils n'eurent d'abord aucune juridiction, car, en principe, la juridiction ne pouvait appartenir qu'aux
1 Sous là république, Ya>rat iuv> n'avait pas t!e nriviléire de juridiction^ Dion Cassius, IAII, vJ'i.