Porphyre, Vie de Plotin
3. Selon Proclus, la philosophie de Platon a existé do tout temps dans la pensée des hommes les plus éminents ; c'est dans les mystèfes qu'elle s'est transmise d'âge en âge jusqu'à Platon, qui, à son tour. Ta communiquée & ses disciples, knéaw fih tvS mtbMvoc fOe-
Xnoiv. • . . Tijç T» dBatiç àitéim %wk {a«toxooç xntimm rw JSUrmtç fûooo-
286 tA KABBALE.
science et l'habitude des interprétations allégoriques'; qu'en&i elle plaçait au-dessus de la raison les préteiH dues lumières de l'enthousiasme et de la foi ^ : ce sont là des prétentions communes à toute espèce de mysticisme , et nous n'y arrêterons pas notre attention ^ afin d'arriver sans retard à des points plus importants. 1"" Pour Plotin et ses disciples, comme pour les ad^tes de la kabbale, Dieu est avant tout la cause immanente et l'origine substantielle des choses. Tout part de lui et tout retourne en lui ; il est le commencement et la fin de tout ce qui est U est^ comme dit Porphyre, partout et nulle part. Il est partout, car tous les êtres sont en lui et par lui; il n'est nulle part, car il n'est contenu dans aucun être en particulier ni dans la sonune des êtres K U est si loin d'être la réunion de toutes les existences particulières, qu'il est m jrne, dit Plotin ^
1. U y a, dit Proclus, trois manières de parler de Dieu, Tune mystique ou divine Miamm&ç, I*atttfe dialeetiqoa ^MtSMtxac, et la troiâème symbolique , w^SfikuAç, Jb. mipra., chap. 4. Cette distinctioD rappelle les trois vêtements dê la loi admis par le Zohar.
2. Cette préférence est exprimée à satiété dans tous les ouvrages de Plotin et de Proclus, mais nous citerons principalement, dans la Théologie platonicienne de ce dernier, le âS** cbap* du i*' liv., où la foi est définie d*uDe manière très remarquable.
3. Prwd. in Theal. Plat., I, S; D, i:; Elmaii. lft«ol., SKT-Sé, et dans les Commeni. sur Platon.
4. nsvT« rk in% Kol |dk &na U toQ OmO xa\ Iv Oi&, x«l a^6;... ts
Tcû, 5ti aÙTGç oùJa|xoû. Sent, ad intelligib.^ chap. 32.
5. 6"« Ennéade, Mil, 19. — Voir aussi JambUque, de Mysteriis jEgypt., sect. VIU» chap. 2.
TROISIÈKS PAEtlK« 287
au-dessus de l'être, dans lequel il ne peut voir qu'une de ses manifestations. S'il est supérieur à Tétre» il est également supérieur à l'intelligence, qui, nécessaire-* ment émanée de lui, ne saurait l'atteindre. Aussi^ quoiqu'on l'appelle généralement l'unité (to Iv) ou le pre-* mier, serait-il plus juste de ne lui donner aucun nom, car il n'y en a pas qui puisse exprimer sonossence; il
est l'ineffable et 1 'inconnu («ppyîTo;, ayywatoç) *• Tel OSt absolument le rang de VEnsoph, que le Zqhar apf>elle toujours l'inconnu des inconnus, le mystère des mystères, et qu'il place bien au-dessus de toutes les Séphi^ folfc, même de celle qui représente l'être à son plus haut degré d'abstraction. 2*" Pour les Platoniciens d'Alexan-* drie. Dieu ne peut être conçu que sousla forme trinitaire : il y a d'abord une trinité générale qui se compose des trois termes suivants, empruntés à la langue de Plalon : l'unité ou le bien (to èf, x6 é/aBw) l'intelligence (vwç) et l'âme du monde («J^ux'' '^^^ îravToç, xdv ôXwy) ou le Démiourgos Mais chacun de ces trois termes donne nais* sance à une trinité particulier^. Le bien ou l'unité dans ses rapports avec les êtres est à la fois le principe de tout amour ou l'objet du désir universel (ècjeTÔy ), la plénitude de la puissance et de la jouissance (exovov) , et enûn la souveraine perfection (xikuw). Conrnie possédant la plénitude de la puissance. Dieu tend à se