‹ La kabbale (volume 2)Chapitre 117 sur 167 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

86 4iTiMr en deux grandes classes : les uns sont empruntés aux sy^t^mes philosophiques de la Grèce, qui ne sont pas inéonciliables avec le principe foudamen* 4el 4e toute morale ot de toute religion, comme ceux de Pythagore, d'Aristote, de Zénon*, mais surtout cftlui de Platon dent le langage, aussi bien que les idées, OjOiïupent pour ainsi dire le premier plan dans tous les .éorits du jdûlosophe ismélite : les antres, par le iné<* prjis qu'ils inspirent pour la raison et pour la science, par l'impatience amc laqmdle ils précipitent en quel* que sorte Tâme humaine dans le sein de l'infini, tra- Jiîasevt viMUement leuar origine .étrangtee et ne peuvent venir que de l'Orient. Ce dualisme dans les idées 4e JPlûlon étant un fait de la plus haute importance, MU seulement dans la question que nous avons à ré- Miudre, mais dans l'histoire dç la philosophie «n géné*rel^ .nous allons essayer d'abord de le mettre qntièremMt hors de doute, au moins pour les points les pins ftsillants et les plus dignes de notre intéràt.

Quand Philon parle de la création et des premiers 4^rinoipes des êtres, de Dieu et de ses rapports avec l'univers , il a évidemment deux doctrines qu'aucun «Sort de logique ne pourra jamais mettre d'accord. L'une est simplement le dualisme de Platon, tel qu'il est eusngné dans ie Jmée ; l'autre nous fait penser à la

i. Voyez l'artide de Grenier, Theelogitéke 9tuâim und MHkm,

année 1832, r«]ivr., p. 18 et seq. — Rittér, article Pkilon, tom. lY de la traduction de M. Tîssot.

fois à Plotin et à la kabbale. Voici d'abord la première, assez singulièrement placée dans la bouche de Moïse : Le législateur des Hébreux , dit notre auteur dans son Traité de la eréatûm ^ reconnaissait deux principes également nécessaires, l'un actif et lautre passif* Le premier, c'est Tinteiligence suprême et absolue, qui est au-dessus de la vertu, au-dessus de la science, audessus du bien et du beau en lui-même. Le second, c'est la matière inerte et inanimée, mais dont Imtelligence a su foire une œuvre parfaite en lui donnant le mouvement, la forme et la vie. Afin qu'on ne prenne pas ce dernier principe pour une pure abstraction, Phi- Ion a soin de nous répéter dans un autre de ses écrits^ cette célèbre maxime de l'antiquité païenne, que rien ne peut naître ou s'anéantir absolument, mais que les mêmes éléments passent d'une forme à une autre. Ces éléments sont la terre, l'eau, l'air et le feu. Dieu, conmie l'enseigne aussi le Timée, n'en laissa aucune parcelle en dehors du monde , afin que le monde soit une œuvre accomplie et digne du souverain architecte'. Mais avant de donner une forme à la matière et l'exia-

i . De mutuU opificio, I, 4. — Nous avoos c^à cUé ce passage dans rintroductiOQ, p. 48.

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tence à cet univers sensible, Dieu avait contemplé dans sa pensée TuniTers intelligible ou les archétypes, les idées incorruptibles des choses \ La bonté divine, qui est la seule cause de la formation du inonde ^, nous explique aussi pourquoi il ne doit pas périr. Dieu ne peut pas, sans cesser d'être bon , Tonloir que l'ordre, que l'harmonie générale soient remplacés par le chaos ; et imaginer un monde meilleur, qui doit un jour remplacer le nôtre, c'est accuser Dieu d'avoir manqué de bonté envers Tordre actuel des choses D'après ce système, la génération des êtres ou l'exercice de la puissanee qui a fomé Tunivers a nécessairemmt commencé; il ne peut pas non plus continuer sans fin, car le monde une fois formé, Dieu ne peut pas le détruire pour en produire un autre; la matière ne peut pas rentrer dans le chaos général. De plus, Dieu n'est pas la cause im«manente des êtres, ni une cause créatrice dans le sens de la théologie moderne, il n'est que le souverain architecte, le Démiourgos, et tel est en effet le terme dont • Philon se sert habituellement, quand il est sous Tinfiuence de la philosophie grecque^. Ënfin Dieu n'est

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tlni Tiç. Puis vient la phrase môme de Hmée. supra,

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