Legis Âlleg.,\, I
ftdnmç (U(Mipfl(fft<Miv oft^tlç. De Chérubin., 1 1, p. 156, ed. Mang.
I9%v», cçûoi, oStmc Med tAv t«S lt<9 tUifirtt, i'fyiXov eMi ïA^, tM* mkcmoUqv*» De SomfUis»
302 KJMJOAp.
communément, une première émanation de la ni^ure
divine ; car Philon, quand ses réminiscences de Platon cèdent à une autre influence, fait du Ycrbe divin ua être réel, une personne, ou une hypostase, comme on disait plus t^rd dans Técole d'Alexandrie : tel est Tar*change qui commande à toutes les armées célestes Mais notre philosophe ne s'arrête pas là : de ce premier logos, appelé ordinairement le plus ancien (6 Trpeoâîtmc), le fils aîné de Dieu, et qui, dans la sphère de l'absolu, représente la pensée Qéâyoq èvdiaôsToç), en émane un autre qui représente la parole (Xoyoç 7rpo(popixo^ ) , c'e^-ârdire la puissance créatrice , manifestée à son tour par Tunivers. cr Quand nous lisons dans la Genèse ti qu'un fleuve sortait de l'Éden pour arroser le jardin, a cela signifie que la bonté générique est une émana- « tion de la sagesse divine , c est-àr-dire du verbe de cf Dieu L'auteur de cet univers doit être appelé, à la u fois, l'architecte et le père de son œuvre. Mous don-
fc nerons le nom de mère i la sagesse suprême. C'est à n elle que Dieu s'est uni d'une manière mystérieuse
« pour opérer la génération des choses ; c'est elle qui, c« fécondée par le germe divin, a enfanté avec douleur,
(( au terme prescrit, ce fils unique et bien-aimé que
linguarum, p. 341.
taOlftlÀMft JBAATIE^ 303
« nous appelons la monde. C'est pour cela qu'un auir iem sacré nous montre la sagesse, parlant <f elle- (( même en ces termes : de toutes les œuvres de Dieu, ce c'es^ moi qui fus fonnée la première; le temps i< n'existait pas encore que j'étais déjà là. Ën effet, il faut bien cpie tout ee qui a été en^ndré soit plus ce jeune que la mère et la nourrice de l'umvera ^ )^ U y a un passage dans le Timée^ oè nous Pouvons à peu près le même langage , mais avec cette énorme diffé«* rence que la mère et la nourrice de toutes choses est un principe toutnà-fait séparé de Dieu, la matière iiierte et sans forme Les fragments que nous venons de citer nous rappellent bien mieux les idées et les eaiLpressiona habituelles du Zohar. Là aussi Dieu est appelé la lumière étemelle, source de toute vie, de toute existenee et de toute autre lumière. Là aussi la génération des choses est expliquée métaphoriquement par un dbs» curcissement graduel des rayons émanés du foyer divin et par Tunion de Dieu avec loi-^nême dans ses divers attributs. La sagesse suprême, sortant du sein de Dieu pour donner la vie à Tunivers, est également représentée par le fleuve qui sort du paradis terrestre ; enfin les deux hgo$ nous font songer à ce principe kabba-
ô ôioç X. T. X. De T emulentid. * •
listique que l'univers n'est pas autre chose que la pa^ rôle de Dieu ; que sa parole ou sa Yoix, c^est sa pensée devenue visible, el qu'enfin sa pensée, c'est lui-même* Une autre image^ très souvent reproduite dans le prin-eipal monument de la kabbale, c'est celle qui nous montre l'univers comme le manteau ou le vêtement de Dieu; eh bien, la voici également dans ces paroles de Philon : « Le souverain être est environné d'une éclar (c tante lumière qui l'enveloppe comme un riche manr « teauy et le verbe le plus ancien se couvre du monde ce comme d'un vêtement ^ • »
De cette double théorie sur la nature et la naissance des choses en général, résultent aussi deux manières de parler de Dieu, quand il est considéré en lui-même, dans sa propre essence, indépendammmt de la créar tion. Tantôt, il est la raison suprême des choses, la cause active et efficiente de l'univers (p voûc, lo d^av^pvw aÏTcov), l'idée la plus générale (ro ymwxaxov) la nature intelligible (imrfi tfùatç). Lui seul possède la liberté, la science, la joie, la paix et le bonheur, en un mot, la perfection Tantôt il est représenté conune supérieur à la perfection même et à tous les attributs possibles;
1, Avp t6 irp^uBm»^ ^pwrl çAjotM mptXfl^Mnnci, i«»ç Mù»
xoojAov. DePrœfugis,
2, Legis ÀUeg., ïï.
3, Ô 6eô; -fi (xo^ iXiuOéfa <pûatç. De Somniis, H. — Movo; é 6e6ç ^vj^âç
(Mtt au(«igl6»Mv tipiivKy â*|ttv x. 7. X. De Cherub,^ 1. 1, p. 154, ed. Mangey.
TROISliOU PÂBTIB. • 305
tien ne saurait nous en donner une idée : ni la vertu, ni la flcienee, ni le beau, ni le bien S pas même l'u^ nité; car ce que nous appelons ainsi n'est qu'une image du souverain être (fuwàç fxhv fanV ecx^ aMbu ttp(&* vs^y* Tout ce que nous savons de lui, c'est qu'il existe; il est pour nous l'être ineffable et sans nom Dans le premier cas, il est facile de reconnaître l'influence de Platon, de la métaphysique d'Aristote et même de la Phyêiologiê sto'icienne ; dans le second , c'est un ordre d'idées tout différent où se montre non moins clairement Tunité néoplatonique et VEnêoph de la kabbale , le mystère des mystères, l'inconnu des inconnus, ce qui domine à la fois les Séphiroth et le monde. La même remarque s'applique nécessaiiement à tout ce que Phildn, par l'effet de ses croyances religieuses ou de ses souvenirs philpsophiques , nous représente eommè un intermédiaire entre les choses créées et la plus pure essence de Dieu , nous voulons parler des anges , du verbe* et en général de ce que Philon désigne sous le nom un peu vague de puissances divines (duvafxeiç tw Oeov). Quand le dualisme grec est pris au sérieux y quand le principe intelligent agit immédia-
1. De Mundi opifio* loe. Umd, K^lrtm < l«mS(U), x^tirnv 4 iprm