‹ La kabbale (volume 2)Chapitre 123 sur 167 · De Vitd Abraham, U II, p. 17, ed. Mangey · texte numérisé non relu

De Vitd Abraham, U II, p. 17, ed. Mangey

quoique leur action soit partout présente et que leurs formes se mânifestent dans celles de Tunivers^ il n'est pas plus possible d'atteind;*e leur essence que celle du prdmier être. C'est ce que Bien luinmAme apprend à Moïse, quand celui-ci, après avoir demandé vainement de le TOIT face à face, le supplie, dit Philon, de lui montrer au moins sa gloire (i^y Ao^ aùxw), c'est-àrdlre les puissances qui énrironnent son trAne ïôlws^ cessible (itfwfofoùoaç âuva/jiaç) ^ Quant aux anges, dans lesquels nous ayons yni tout à rheure des idées représentant les différentes espèces de vertu, ils ne sont pas seulement personnifiés à la manière des poètes et des écrivains bibliques, on les considère aussi comme des âmes nageant dans TÉther et venant s'unir quelqàefois à celles qui habitent le corps de l'homme Us forment des substances réelles et animées qui communiquent la vie à tous les éléments, à toutes les pai^ ties de la nature. £n voici la preuve dans le passage que nous allons traduire t tr Les 6tres que fes philofeo* ({ phes des autres nations désignent sous le nom de fc démons , Moïse les appelle des anges. Ce sont des « âmes qui flottent dans Tair, et personne ne doit re-

àbtèi* i)iXm4 «itmoi fta^wfUbX;» mdtL 0io5 9k é Xô^o; «iM lorVu JUy. aUeg. m. .

1. MiOT* c2»v if&t, fAtrt tint rfin iyûSn êinifytm'f Mcrà rnv o&atètv ^«Co^ceit

^T.oto6ai xaTaXaCcï,. De Monarchid l, t. lî, p. 218, ed. Mangey.

2. De Plantatione. — De Monarchià II. Celle réunion d'une âme

à une autre a été reconnue des ^bbalistes sous le nom de gestation

TROIMÉMK PABTIE. 311

« garder leur exiaieiuse comme une £ahie^ car il faut ic que Funiver» doit animé dans toutes ses parties et c( que chaque élément soit habité par des êtres vivants. « C'est ainsi que la terre est peuplée par les animaux, « k mer et les fleuves pur ks habitants de Teau, le féu (( par la salamandre , que l'on dit très commune en u Maoédmne , le ckl pai; les étoiles. En effet , si les a étoiles n'étaient des âmes pures et divines, nous ne « les vemoBS pas douées du mouvement circulaire ,

(c qui n'appartient eu propre qu'à l'esprit. Il £aut donc

4c que Taii' soit également rempli de créatures vivan- « tes, quoique l'œil ne puisse pas les voir ^ ^»

C'est juirtoot quand il s'agit de Thomme que le synçréti^e de Philoa se montre à découvert et qu'on ap^r^t sans peine k doobk direction à laquelle il s'arbandonne, malgré sa vive prédilection pour les idées orientales. Ainsi, non content doToir avec Platon, dans les objets de la sensation, une empreinte affaiblie des idé60 éternelles, il va jusqu'à dire que sans le secours des sens nous ne pourrions jamais nous élever à des connaissances supérieures; que sans le spectacle du monde matériel nous ne pourrions pas même soupçonner l'existence du monde immatériel et invisible ^ ; puis il déclara rinfluenee des sens tout à fait pemi-

i. De Gigantibus, i. I, p. 255, éd. Mangey.

Swmdith

312 LAr EABBAUE.

cieuse ; il commande à l'homme de rompfe avec eux

tout commerce et de se réfugier en lui-même. Il établit un abîme entre Tàme raisonnable, intelligente, qui seule a le privilège de constituer l'homme^ et l'âme seneitive à laquelle nos organes empruntent à la fois la vie et la connaissauce qui leur sont propres; celle-ci, comme Ta dit Moïse, réside dans le sang S tandis que la première est une émanation» un reflet inséparable de la nature divine ( ôn&nroajuta oi iuuptxovf dcKavyaanot, Odxç ffùaut^^)^ Et cependant ce point de vue exalté ne l'empêche pas de conserver Topinion platonidenne qui reconnaît dans Tàme humaine trois éléments, la pensée, la volonté et les passions En mille endroits, il insiste sur la nécessité de se préparer à la sagesse par ce qui appelle les sciences encycliques (ryxuxXio; vmdUa^ ir/wxkM fMtMfiai«), c'est-àrdire les arts.de la parole et ceux qui donnent cette culture extérieure si chère aux Grecs. Notre esprit, ditril, a besoin d'être nourri de ces connaissances mondaines avant d'aspirer à une science plus haute, comme notre corps a besoin d'être nourri de lait çLvant de supporter des aliments

1. Alffta cdotx 4>ux% Iffn, cfixt vMpSçxal Xo^iieiKCf dÛOa tSc atoOnniinlc» xaf

p. 3Se, ed. Mangey.

2. Quod deterior potiori insidiari soleat, 1. 1, p. 208, ed.cit.

alleg. L -^ fie Cm^uionê Un(fuarm»> — 09 Cmwupiicmiiid, t. H, p. 390, ed. dt.

pluB subatantidâ ^ L'h<Mnme qui néglige de les acquérir doit succomber dans ce monde, comme Abel a succombé S0U8 les coups dason frère parricide. Ailleurs, il enseigne tout le contraire, il faut mépriser la parole et les formes extérieures, domme il faut m^mser lef corps et les sens, afin de ne vivre que par l'intelligence et dans la cratemplation de la vérité toute nue. Quand Dieu dit a Abraham : Abandoime ton pays, ta famille et la maison de ton père, cela signifie que l'homme doit rompre avec son corps, avec ses sens et avec la parole; car le corps n^est qu'une partie de la terre que nous sonunes forcés d'habiter; les sens sont les ministres et les frères de la pensée; enfin la parole n'est que l'enveloppe, et en quelque sorte la demeure de I mtelUgenae qui est notre véritable père*. La ipême idée est reproduite d'une manière encore plus expressive, sous le symbole d'Agar et dlsmaël. Cette servante rebelle et son fils, si ignominieusement chassés de la maison de leur maître, nous représentent la science encyclique et les sophismes qu'elle enfante. Il est à peine nécessaire d'ajouter que tout homme, qui aspire à un rang élevé dans le monde des esprits doit imiter le patriarche hé^ breu'. Mais au moins, lorsque Fàme s'est réfugiée tout entière dans l'inteUigenoe, y trouve-4-elle les moyens de se suffire et d'arriver par elle-même à la vérité et à

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