‹ La kabbale (volume 2)Chapitre 162 sur 167 · TROISIÈME PARTI · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTI

tuely c'est réteraelle sagesse, c'est l'intelligence infinie qui crée tout ce qu'elle conçoit et conçoit ou pensé par cela seul qu'elle existe. Hais s'il en est ainsi ; s'il est vrai qu'à une certaine iiauteur l'être et la pensée se oonfondenf/ les grandes eoneeptions de l'intelligence ne peuvent plus seulement exister dans l'esprit, elles né représentent pas de simples formes dont on fait abstraction à volonté ; elles ont une valeur substantielle et absolue , c'est-àrdire qu'on ne peut les séparer de l'éternelle substance. Tel est précisément le caractère des Séphiroth, de l'Homme céleste, du Grand et du Petit Visage, en i;n mot de toutes les personnifications kabbalistiques , bien difiTérentes , comme on voit , des réalisations individuelles et mythologiques du Zend Âvesta. Cependant le cadre, le dessin extérieur du Zend Avesta est resté, mais le fond a complètement changé de nature, et la kabbale nous of&e, par le fait même de sa naissance, un curieux spectacle , celui d'une mythologie passant à l'état de métaphysique, sous Tinfluence même. du sentiment religieux. Cependant, malgré tant d'étendue et de profondenr, le système qui a été le fruit de ce mouveoient n'est pas encore une de ces œuvres où la raison humaine fasse un libre usage de ses droits et de sa force; le mysticisme luimême ne s'y produit pas sous »a forme la plus élevée, car il reste encore enchsuné à une puissance extérieure, celle de la parole révélée* Sans doute, cette puissance

est plus apparente que réelle; sans doute, l'allégorie a '

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bientôt £ût de la lettre sainte un signe complaisant qui

exprime tout ce qu'on veut , un instrument docile au s^rnce de l'esprit et de ses plus libres inspiratiçms; mais toujours est-il que ce procédé même , qu'il soit TeflEst d'un calcul ou d'une illusion sincère , cet art d'abriter des idées nouvelles sous quelque texte séculaire, est la consécration d'un préjugé fatal à. la -vraie pJiiilosopliie* C'est ainsi que la kabbale, quoique née sous l'influence d'unc^ civilisàtion étrangère et malgré Iç pimtbéi£|m§ qui est au fond de toutes ses doctrines^ a cependant un caractère religieux et natipnaL C'est i^asi qu'en se réfugiant sous l'autorité de la Bible et epsuite de la loi orale, eUe a conservé to^ites las apparences d'un système de théologie, et de théologie judaïque. Jl restait donc encore ^ pour la jhire entrer dans rhistoii*e de la philosophie et de l'I^uinfuiité , À détruire ces qip^rences .et à ^la montrer sous son yrai jour, ç'est-à-dire comme un produit naturel de l'esprit bumain; Ce piiogrès^ comme nous IVons déjà dit, s'est accompli lentement, mais d'une manière d'autant plu9 sûre^. dans la capitale des Ptolémées* Là, en effet, les tr^^iditions hébraïques franchirent pour la première fois le seuil du sanctuaire et se répandirent dans le monde, mêlées à beaucoup d'idées nouvelles, mais sans rien perdre de leur propre substance. Les dépcH sitaires de ces vieilles traditions, en voulant reprendre un bien qu'ils supposaient leur i^partmir, accu^lirent avec ardeur les plus nobles résultats de la phi-

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losoplue grQcquQ, les confondant de plus en plus avec leurs propres, (myanees. fi'tm autre •eAté,4es prétendus liéritieits de la civilisation grecipie, s'accoutumant peu à peu à ce mélange^ nesengèrent phis qu^lui 4oiifMr l'organisation d'un &y8tènie où le raisonnement et riutiiîtion, Ja filitlMophie et la thédogie 4s^ieat fttre également représentésu C'est ainsi que se forma l'école d' Ale^iuidrie, ce résumé brillant et ipreibnd de tMtes les idées philosophiques et rdyigieuses de l'antiquité. Ainsi s'explique la ressemblaiiee , j'oserais presque dire Tidentité que :nous avons trouvée, sur tous les points ^entiels, entre le néoplatomsuse el la kabbale* Hais une fois entrée par cette voie dans le fond commun à» l'aspisi humain, la kabbale n'en continua pas moins, chez ies juifs de la Palestine, à se transmettre eaœbiaireQOkaiil par la tradhien dans un petit icemle d'élus fft . à j^arder comme le secret d'Israël, C'^t

qu'elle a toujours été enseignée jusqu'à la .publication du JS^JuaTé Ici oemoiefice m tumvel a#drè Ae recher- ^est h ^voir : Quelle influence la kabbale a. exercée sur la phiksephie hermétique et mystique qui a jeté en JSurope un si éclat depuis le commencement du XV* Jusqu'à >la fin d« gonp sîèek , dont Raymond hxAiê peut Hrfi regardé comme le premier et François euricos mM^ fielmont eswne k damier rêprésestaoïL Ce sera peut^tre le sujet d'ua second ouvrage qui ponfEà tire negavdé comme, b tampiémcat decehiird#

Mais le but que nous nous sommes proposé relativement au système kabbalistique proprement dit , nous peasons l'avoir atteint , et il ne nous reste plus qu'à énoncer^ dans une récapitulation rapide > les résultats que nous croyons avoir obtenus.

.1® La kabbale n'est pas une imitation de la philosophie platonicienne, car Platon était inconnu dans la Palestine où* le système kabbalistique a été fcmdé; en^ suite , les deux doctrines , malgré plusieurs traits de ressemblance dont on est frappé au premier coup d'ceil, diffèrent totalement Fune de l'autre sur les points les plus importants.

2"" La kabbale n'est pas une imitatipn de l'école d'Alexandrie; d'abord parce qu'elle est antérieure à l'école d'Alexandrie ; en outre parce que le judaïsme a toujours montré' à l'égard de la civilisation grecque une aversion et une ignorance profondes, dans le même instant où il plaçait la kabbale au rang d'une réTélartion divine.

' 3* La kabbale ne peut pas être regardée comme l'œuvre de Philon^ bien que les doctrines de ce théologien philosopha renfimnent un grand nombre d'idées kabber listiques. Pbilon n'aurait pu transmettre ces idées à ae^ compatriotes demeurés en Palestine^ sans led initier en même temjjs à la philosophie grecque. Il étsût incapable^ par la nature de son esprit , de fonder une doctriae nouvelle. De plus, il serait impossible de trouver, dans les monuments .da judaKune, les moindres

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