‹ La kabbale (volume 2)Chapitre 165 sur 167 · Ouvr, cité. T. I", ch. XVÏ · texte numérisé non relu

Ouvr, cité. T. I", ch. XVÏ

LA SECTE DES ZOHAMSTES OU ANTITHALMUDISTES ' .

Vers Tan 1750, un certain Jacob Frank, né en Pologne en 1712, qui avait exercé dans sa jeunesse le métier de distillateur, et plus tard avait séjourné en Crimée et dans d'autres provinces turques adjacentes, revint de là avec la réputation de kabbaliste. Il s'établit en Podolie et se fit» paimi les juifo polonaisjet quelques-uns de leon nldbiiis les plus fiuneuz» on parti ocmsidénible dans leiiuèl entrèrent des oommunantés entièm ; par exemple, celles de Landskion, Bosk, Osiran, et plusieurs autres, n répandit parmi eux la doctrine de Sabbathaï-Zévy, non sans y apporter toutefois les modiflcations qu'il jugeait convenables, et composa dans ce but un ouvrage, qu'il ût circuler manuscrit parmi ses disciples. On ne pouvait lui reprocher d'en imposer par des jongleries comme ses prédécesseurs et comme Beecht% son rival contemporain ; car H agissait uni^ement par la persuasion et par l'ascendant que loi donnaiwit des manières pleines de distinction.

Jaloux de sa réputation, les rabbins persécutèrent Frank et ses partisans avec une violente animosité. Un jour que Frank et un grand nombre de ses. sectaires avaient entrepris un pèlerinage à Salonique, où demeuiait alors leur coryphée Berachiah, les rabbins les dénoncèrent au gonrernement polonais; et, sur leurs instances, tous nos pèlerins ftirent arrêtés à la frontière et tenus dans une étroite captivité. Les sectaires eurent recours à l'évéque de Poddie,

1. liB fragment qu'on va lire est en grande partie traduit d'un hiitorlen aUemind, fréqnemmentellédanale eonn de eet ouvrage, Peur Bm^ KMttin ée$ dùdrtnet <i opMom dm mtu tvà^isicMt dhcs kê h^, tom. Il, pag. MM et sniT.

2. Cett ainsi qu'on appelle par abrMaiioii leltoiidatenr de la lede dea mv- «•01» 'AaifUiM, Imei Bialieliem. V<qr. l'appendiee préeédent.

alors très paiSBant^ et, esa effet, oeloi-ci leur procura une sauvégarde royale qui leur permit de yim m Pologne conformément à leurs principes, d'y fonder une secte distincte sous le nom de zoharites

ou d.'antithalmudisteSj parce qu'ils adoptaient le Zohar ou le système kabbalislique comme le fondement de leur religion, et rejetaient le Thalmud. Avant que cette décision fût prise, les deux partis soutinrent, dans les églises de Kamienitz, Podolsky et Lemberg, différentes controverses en présence de plusieurs évéques et officiers de la couronne. En cette drocmstance, la nouvelle secte fit publiquement sa professîoii de foi, qui consistait dans les propositions suivantes* :

1® «Nous croyons à tout ce que Dieu nous a, de temps immémorial, communiqué par la tradition et la révélation, et nous nous regardons comme tenus, non seulement à pratiquer ce qui nous est commandé par sa loi, mais encore à pénétrer plus avant dans le sens de nos doctrines, afin d^ découvrir aussi les mystères qui y sont renfermés. Car IHen n'art^l pas ditjà Abraliam [Gen. XVII, II) : c Je suis le Tout-Puissant; marolie devant moi, et sois sincère? » N*a4-il pasdit ailleurs {Deutéronome, X, 12) : «Et maintenant, Israël, que demande de toi l'Étemel, ton Dieu, sinon de craindre TÉternel, ton Dieu, de marcher dans toutes ses voies et de Taimer ; de servir rÉtemel, ton Dieu, de tout ton cœur et de toute ion àme ; c'est-àdire de garder les commandements de rÉtemel et les statuts que je t'impose ai^ourdliui pour ton Men? » Tout cela prouve qu'il but être fidèle à iKeu et à ses préceptes, et s'appliquer à compren* dre clairement le sens de la loi ; il laut en outre le respect du Seigneur : « La crainte de Dieu est le commencement de la sagesse, v {Prov, m, 10.)

« Cependant Tamour et la crainte de Dieu ne sont point suilisants: il fitut aussi que Thomme reconnaisse la grandeur de Dieu dans ses oeuvres. C'est d'après ce principe que David, sur son lit de mort, disait à son fils Salomon {Chronique, I, 28, 9) : «Beconnais le Dieu

de ton père et sers-le. » Là dessus le Zohar demande : « Pourquoi

1. Cette protaion de fini rédigée en peknait et en hOmn nUiiiilqiia a été publiée linroltuiéiiieiit dam cm deux fauigoeB, à Lemberg. Conmie elle penifrnlt trop kmgae à rapporter feut mUëre, on i^cit eontenté d'en donner des flitnili qql lofllront à en Sdreeonnaltre Teeprit.

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lui a-t-il recommandé d'abord de connaître Dieu, et seulement ensuite ùù le servir? C'est qu'un culte divin qui n'a pas été précédé de la connaissance de Dieu n'a aiusmie valenr. p U &ut que ce Golla soif % fiuidéaiirlasageweetlaTéiité. < U sageese, dit te t m m mm Zofcar, au nom de SimonrbeihJoclial, la sagesse qoi est néifin^ consiste à léfiécliir sor les seeretg du Seigneur, et tout liomn^e qui abandonne ce monde sans avoir acquis cette connaissance sera repoussé de toutes les portes du paradis, quel que soit le nombre des bonnes œuvres dont il pourra d'ailletus être accompagné. »

Nous lisons dans le môme livre : « Celui qui ne sait pas honorer te nom de son Dieu, il vaudrait mieux pour lui qu*il n*eût pas été créé; cer Dieu n'a mis riiomme en oe monde que pour qu'il iTeiRiroe d'approfondir les mystères renliBrméB dans son divin nom* • A pro^ pos de ces paroles de David (Ps. 145, 18) : «Dieu est près de ceux qui Tinvoquent avec sincérité, » le Zohar demande : « Est-il donc possible de ne pas invoquer Dieu sincèrement? — Et il n^pond : oui. Car celui qui invoque Dieu et ne comprend pas quel est celui qu'il invoque, celui-là eet dans rerreur. Far là il est démontré que c'est un devoir pour tout homme de croire en Dieu et à w révélation, d'étudier ses lois, de le reconnaître, Id, ses lois et lee jugementSt et d'approfondir les mystères de la Tbora. Celui qui croit de cette manière accomplit la volonté et Tordre de Dieu, et celui-là seul mérite réellement le nom d'Israélite.»

2o «Nous croyons que Moïse, les prophètes et tous nos maîtres qui les ont précédés s'expriment souvent dans leurs écrits d'une manière figurée* et qu'un sens mystérieux se caelie ioua leur» pihroles. Ces écrits aont sembktUes à une ftamme voSée qdnlsxpoae pas sa beauté à tous les yeux, mais qui exige de essadenieem qulls se donnent quelque peine pour soulever le voile qui la couvre. C'est ainsi que le voile du symbole enveloppe ces paroles, et toute la sagesse humaine ne parviendrait pas à le soulever, sans l'assistance d'une grâce céleste. En d autres termes, il est parlé dans te Tbora de choses qui ne doivent nullement être prises à te tetire; mais il Huit invoquer l'esprit <te Dieu, afin qu'il nous aide à découvrir le finit rsnfermé sous l^éooroe. »

a Nous croyons donc qu'il ne suffit pas de lire les prophètes et d'en comprendre le sens liUûral, mais qu'une assistance divine est

néoMHlin pm pénétrer le eena léel d*une ibnle de passages. C'est po«qQelIMd8rtato(l^ll9,iS)t •ùïïmHàoilBB^ieux^ 6 Sd-gneiir» ain qae je eoolemple les nieraBlee de ta M. » Si DavM pQ teat oo mpr en dl iB à l%ide de renseignement ou de ses propres recherches, de cpiel besoin lui aurait été le secours divin? Mais il l'invoquait, ce secours, atin de pouvoir approfondir les mystères renfermés dans la loi. « Malheur, dit le Zohar, malheur à Thomme qui ne voit dans la loi que de slm^ réeits et des paoroles oïd^ oaiies! Car» si rôeUemeDt elle ne lenfmait que eeta, noue poor^ lioQs^ nAme apiomd'baS, compoesr aifssi «ne loi bien plus digne d'ilidminlion. fw ne trcmw qoe de simples paroles, nons n'aurions qu*à nous adresser aux législateurs de la terre chez lesquels on rencontre souvent plus de grandeur. Il nous suffirait de les imiter et de faire une loi d'après leurs paroles et à leur exemple. Mais il n'en est pas ainsi; (diaque moi de la loi reofenae un sens élevé et «s mpÀ» snbUmBM.

f Lee iMti de la lai som 1» tÉlemal de la loi MUlieiir à eehii qaipiendea tèteasntpoarla ksi eOeHOUdaie! CM dans ee sens qoeDafidardH: «Mep PHai, oa vro i o l les ymx, ain que jeooii* temple les merveilles de ta loi. » David voulait parler de ce qui est caché sous le vêtement de la loi.»

11 est incontestable que sous la lettre de la loi sont renfermés de grands mystères que tout mi fidèle doit s'e%rcer d'approfondir. A eepmpeaisi^eAardiieiieoiia: «LaleinaseolileànnebellelsnnBe aimée qai ee eache dans im eodraît aecreti e* ne laisse voir qM portiaiLSi son ami déploie nue grande penéféraoee, É^il se deane des peines infatigables pour arriver jusqu'à ^e et loi témoigner de cette manière son respect et sa tendresse, elle lui ouvrira ses portes et lui permettra un libre accès auprès d'elle. »

3« «.Nous croyons que de toutes les explications de la loi, celle que dûmiala^oto' eatla metUeuveet la seule ^péiilaUe, et que lesrab» bina»eaeoMt«iee» lai dcoHdBt daaStegMi iHirf UD grand D ft mm ea im etpPia rti e Bt qaî iDnieneoatmdtoiiannHBlfsateate6:lea altriMe divins et la charité enseignée par la loi.

4* « Nous croyons qu'il n'y a qu'un seul Dieu qui n'a pas eu de

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