ch. 11, V
PEEIIIÈRE PARTIE. 69
ff ce monde , comme je suis seul dans le ciel supé- « rieur, » . '
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Enfin, nous citerons un dernier exemple où l'esprit
que nous signalons se montre entièrement à découvert. Quand Thistorien sacré nous apprend que Jéhovah apparut à Abraham, au milieu des chênes de Membré, son interprète infidèle substitue à cette grossière image un fait qui n'est pas, il est vrai, dans le cours ordinaire de la nature, mais qui semble mieux s'accorder avec la nature' divine. « Ce fut, dit-il, une parole prophétique <c qui alla de Dieu vers Abraham le juste, et lui décour « vritla pensée de Dieu. »
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Dans un temps où. le culte de la lettre allait jusqu'à l'idolâtrie; cfù des hommes passaient leur vie à cœnpter les versets, les mots et les lettres de la loi ' ; où les précepteurs officiels, les représentants légitimes de la religion ne voyaient rien damieux à faire que d'écraser . rintdligence aussi bien que la volonté sous une masse toujours croissante de pratiques extérieures, cette aversion pour tout ce qui est matériel et positif, cette ha-
1 . Thalmud Babil., Traité de Kidouschin, fol. 50 rect. De là, si nous en croyons les thalmudistes, vient le mot tsiDi qui signifie compter, que Ton a traduit par celui de scribe.
bitude de sacrifier souvent et la grammaire et l'histoire aux intérêts d'un idéalisme exalté , nous rt^èlent infailliblement l'existence d'une doctrine secrète, qui a tous les caractères avec toutes les jNrétentions du mysti-^ cisme, et qui sans doute ne date pas du jour où elle a osé parler un langage aussi clair. Enfin, sans y atta^ cher trop d'importance, nous ne pouvons pas nous empêcher de faire encore cette observation : nous avons dit ailleurs que pour arriver à leurs fins , pour introduire en quelque sorte leurs propres idées dans les termes mêmes de la révélation, les kabbalistes avaient quelquefois recours à des mioyens peu rationnels. L'un de ces moyens, ç[ui consistait à former un alphabet nouveau en changeant la valeur des lettres, ou plutôt en les substituant les unes aux autres dans un ordre déterminé, est déjà nus en usage dans une traduction encore plus ancienne que celle dont nous venons de parler, dans la paraphrase chaldaîque cto Jonafhasben Ouziel % cwtemporain et disciple de liiUel le vieux»
1. Nom voidons parler de ralpbabet kablNilistique appelé Ath Bosch, va riN, parce qu'il consiste à donner à la première lettre . (Ueph la valeur de la dernière thau, et réciproquemeut; à remplacer la seconde beth par ravant-dernière schin, et ainsi de toutes les autres. Âu moyen de ce procédé, le paraphraste chaldéen traduit par le nom de Babel, celui de Sésac, qu'on lit dans Jérômie, ebap. tti, t, 41, et qui o'a par luinnéiiie ancnn 'sens. CM de la même manière que, dans un autre passage de |ér6mie , chap. 51, v.i, il convertit ces deu]( mots, >Dp sS, qui signifient le ecBur de mes adversaires^ eu celui de onv^ , qu'on traduit par Chaldéens, On suppose que le prophète hébreu, captif dans Tempire