Le yéritable sens du mot msSn est celui de prwcKph'ofW
règles à observer, et jamais on ne le voit appliqué à autre chose qu'aux lois cérémonielles prescrites par le Tba]mud. Ck)inment alors peut-il s'allier à l'idée de la création ?
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bles des ridicules merveilles qu'on leur attribue. Cha- BmaetOwhaia étaient cantemporainB de Judas le saint; le dernier ét^t son lils ; le premier, d'abord son ami, derini sen snocessenr, et moofut Taa 230 après Jésus- Christ, en 3990 après la création du monde , tandis quel» compilation des iAU>inB babyloniens fut termi* née au plus tôt à la lin du \* siècle de notre ère. Nous Iwnivoim égabment une très grande distmce entï*e le temps où vivait R. Jehoschoua ben Chanania et celui où Jechanaa écriant le llialmud hiéïosolymitain. Le premier, comme nous l'avons déjà dit, mourut vers la fin dn I* siècle; Ycswrre deR» Joohanan ne fut termi-» née que cent cpxarante ans plus tard ^ Si nous obseï^ Tons ensuite que d^ux citations où- ne figurent pas les mêmes personnes^ qui ne sont pas puisées à la même source, qui ne se tnpportent ni aux mêmes temps ni aux mêmes lieux, se con£urment Tune l'autre par ce qu'elles ont de commun, nous pourrons admettre comme un fait incontestable, qu'il existait, avant la fin du 1*^ siècle de l'ère chrétienne, parmi quelques docteurs du judaïsme» un livre qui traitait de la création, qui en dehors du petit nombre des élus n'était connu que de nom, et pour lequel, en raison même du mystère dont il était entouré, on éprouvait une telle vénération, qu'on attribuait à ceux qui en avaient sondé les
i. Tzemach Domd, lui. 23 et 24. — SchalschelHh hakabaMi, fol. 24, rect.
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profondeurs le pouvoir de devenir eux-mêmes créateurs dana une certain» limite. CeU» opinion devait aurtout être accueillie par les casuistes étroits qui forment la majorité dea auteurs de la Guémara, et qai ne voyateal le passé <ju'à travers le prisme d'une admiration superstitieuse ^ Si mainimaat noua jetons un coup d'œit sur le livre même, la conclusion que nous venons d'ar^ dopter sera parfaitement justifiée. 1** Le système qu'il' renferme répond exactement à Tidée que nous pwvons nous en £ûre d'après son titre; nous pouyains nous «n> assurer par ces mots qui en forment la prenûèie proposition: c« C'est aveo les trente-deux voies merveil- (f leuses de la sagesse qpie le monde a été créé par ff rstmiely le seigneur des armées, le Dieu dlsraël> u le Dieu vivait, le I)ieu tout*puissant, le Dieu (c prême qui habite l'Éternité, dont le nom est sublime « ^ saint. » 2*" Les moyens qu'on y emploie pour- ezpliijaer Tœuvre de la création, l'importance qu'on y donne aux nombres et aux lettares^ noua font eomprei^ dre comment l'ignorance et la superstition ont plus tard abusé de ce principe; comment se sont répandues les fables que nous avons rapportées ; comment enfin s'est-formé ce qu'on appdle la kabbale pratique, qui donne à des nombres et à des lettres le pouvoir de changer le cours, de la nature, di^ La langue dans la».
i. Ils avaient fréquemment à la bouche les paroles suivantes : «Si nos ancêtres étaient des anges, nous sommes des hommes; et s'ils élaienidss hommes» nous somoies dos ânes. 9
quelle il est écrit nous atteste qu'il ne peut appartenir qu'à Tépoqae où vivident lea premiers docteorg de la Mischna. Ce n'est plus assurément Thébreu de la Bible ; mm ce n'est pas encore le dialecte thalmudique ni celui des rabbins modernes. La forme en est simple et grave; rien qui reteemble, même de loin, à nne démonstration ou à un raisonnement; ce ne sont que des aphbrismes distribués dans un ordre assez régulier, mais qui ont toute la concision des anciens oracles. Un fait qui nous a beaucoup frappé, e'est que le terme qui fut plus tard exclusivem,ent consacré à Tàme y est encore employé, comme dans le Pentateuque et dans toute l'étendue de l'Ancien Testament, pour désigner le corps humain, tant que la vie ne Ta pas abandonné' Il est vrai qu'on y trouve plusieurs mots d'origine étrangère : les noms des sept planètes et du dragon cé* leste, plusieurs fois mentionnés dans ce livre, apparu tiennent évidemment à la langue aussi bien qu'à la science des Chaldéens, qui, pendant la captivité de
1.^0118 voulons parler du mot Nephesch, 1993. Ileetévident qu*il
ne peut pas s'appliquer à l'àmedans les passages suivants: 1® quand on parle de ceux qui, selon le sens littéral du texte, étaient sortis de la cuisse de Jacob ^ ID-'.^ nonVD "JpT^ HN^n XJlDZn Ss. Genèse, 46, 26 ; 2* quand on permet de préparer, pendant le premier Jour de Pâques > ce qui çst nécessaire à Ja nourriture de chacun»
ddS nw naS nin wBa hoh itm iw, bx., la, 16; 5» quand îl est ordonné à diainm de s^ffiger des soufl^canoea en expiation de ses péchés, peiidant le dixième jour du septième mois,
n^DVa nn-^DaT n^n nvn owa navn ittn udjh Sd, Lév., 23, 29. S'il est vrai que, pour désigner l'âme, on emploie le mot nés-
«PRBMlkRB PARtlB. 81
Babylone^ ont exercé sur les Hébreux une influence toute-puissante^. Mais ^tr n'y rencontrera pais ces ex-* pressions purement grecques, latines ou arabes, qui se présentent en grand nombre dans le Thalmud et dans les écrits plus modernes, où. la langue hébraïque est mise au service delà philosophie et des sciences. Or, on peut admettre en principe général, et j'oserai presque dire infaillible, que toute œuvre de ce genre, où la civilisation des Arabes ou des Gr^ n'a aucune part, peut être regardée comme antérieure à la naissance du duristianisme. Nous «vouons cepèndant que dans l'ouvrage qui nous occupe et auquel nou^ ne craignons pas d'attribuer ée caractère, il ne serait pas difficile de montrer quelques vestiges du langage et de la philosophie d'Aristote. Lorsque, après* li^ proposition que nous avons citée un peu plus haut, après avoir parlé des trènte^leux voies merveilleuses de la sages^ qui ont servi à la création de l'univers, il ajoute qu'il y a aussi troiâ tennès t celui qui conipté , cé qui est
chama, naiTS, de préférence à celui de nephesch, du moins ce dernier n'est-il jamais employé par les thalmudistes et les écrivains plus modernes, pour désigner le corps. Mais tous , sans exception, se servent do mot ^a'on ne rencontre' pas .uiie seule lois dans le S^pfb«r «èlâtVaft. ; .
* 4. Ces noms, \ retceptiôn de cfent qui désignent le soleil et là
lune, n'appartiennent pas par eux-mêmes à la langue cbalda!que, mais ils sont une traduction des noms chaldéens. Les voici : naia, que Ton croit Vénus ; 132, Mercure; >Knat;, Saturne; pi3f, Jupiter; DnMQ,.Mais; )Sn, qui désigne le dragon,, parait, purement chaldéen. - . . * * ■ ' '. ;
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compté et l'action n^ême de compter, ce que les plus aiidens oommentateiUB ont traduit par le sujet, Tobjet et Tacte même de la réflexion ou de la pensée \ il est impossible de ne pas se rappeler cette phrase célèbre du douzième livre de la Métaphysique : « L'intellice gènee se comprend eUe-même en saisissant Tintet- V ligible ; et elle devient l'intelligible par l'acte même (c de la compréhension etderintelligence; en sorte que « Imtelligence et 1 intelligible sont identiques » Jtfais il est évident que ces mots ont été ajoutés au texte fcar ils ne se lient ni ^ la. .proposition qui précède ni à celle qui suit; ils ne reparaissent plus^ sous quelque forme que ce soit, dans tout le cours, de louvrage, tandis qu'on explique assez longuement Fusage tlea dix nombres et des vingt deux lettres qui iormea^ les trente-deux moyens appliqués par la sagesse divine à la création. Enfin , l'on ne. .comprend guère qu'ils aient pu trouver place dans un traité où il n'est question que des rapports qui existent entre les divers^es parties du monde ^mattoiel. Quant à la différence .des
1. ns^Dl "^SDa nnsD lit selon l'auteur du Cosri, R. Jehoudah Hallévi , ces trois termes désignent la pensée, la parole et récriture, qui, dans la Divinité, sont identiques, quoique nous les voyions séparées dans rhonuoe. Cogri, quatrième partie, $ 2^. SelonAbiahamlienûiorfilssefi^porleiltaiisi^ àTobj^otauftit mémé dQ la coDDaissance, yi*r>nn T^v rirr» pa bien S>3vp hyô Ssvipi Voir. »m Comment: sur h S$fà. ietk., p. 27, veraç.
y«v xaî \{oô»* &vn raum voOç xal vtïiTov. Métaph,^ liv. i2, Ch. 7.
PaEMltaX IPABtiB* 83
deux manuscrits qui ont été reproduits dans l'éditiou de Mantoue, ïvax à là fin dù Tolume, Tautre au milieu de divers oommeutaires^ elle est loin d'être aussi grande que certains critiques modemes ont toulu le croire ^ Après une comparaison impartiale et détaillée, on la tnmre fondée iont efntière sur quelques variantes sans importance, comme on en rencontre dans toutes les œuvres d-une haûte antiquité , ^t qui par cela même ont eu à souilnr pendant plusieurs siècles deTinatten^* tion ou de l'ignorance des copistes et de la témérité des çoDunentateurs. En effet/ c'esit de part et d'autre, ndn pas seulement le même fond, le même système consi-*!* déié d!u]i point de tue général, mais la même divi^ sion, le même nombre de chapitres, placés dans le mftme ordre et consacrés aiix mêmes matières i de plus, les mêmes idées y sont exactement exprimées dans les- mêmes termes. Mais on ne trouvera plus cette parfaite ressemblance, dans le nombre et dans la place des divmes propositions qui, sous le nom de Mi^chna; sont nettement distinguées les unes des autres. Ici on n'a pas réenlé devant des répéjfcitions surabondantes; là elles ont été retranchées ; ici on a réuni ce qu'ail-*lenrs on a séparé* -Enfin, l'un parait aiisa pfaisexf>lr«« cite que l'autre, non plus seulement dans les mots, mais dans la pensée* Kouê ne connaissoiis et par edoséquent
1. Voyez Wolf, Bibliothèque hébr, t. 4. — Bayle, Diçtionn. cfit.,
article ÂbiabaôD« Vûieri, mê^
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nous ne pouvons citer qu'un seul passage où se montre cette dernière diiFérence : à là fin du premier chapitre, lorsqu'il s'agit d'énumérer les dix principes de Tuniyere qui correspondent mx dix nombres, Tun des deux manuscrits dit simplement que le premier de tous est l'esprit du Dieu vivant; l'autre ajoute que cet esprit du Dieu vivant est l'esprit saint, qui est en même temps esprit^ voix et parole Sans doute cette idée est de la plus haute importance; mais elle ne manque pas dans le manuscrit où elle n'est pas formulée aussi nettement; elle constitue, comme nous le prouvèrons bientôt^ la base et le résultat de tout le système. D'ailleurs le Livre i$ la eréation a été , au commencement du dixième siècle, traduit et conunenté en arabe par R. Saadiah, esprit élevé, méthodique et sage, qui le-regarde comme l'un des plus anciens^ comme Tun des premiers monu* ments de Tesprit humain. Nous ijouterons, sans accor^ der à ce témoignage une valeur exagérée, que les com* mentateurs qui sont venus après lui pendant le xii* et le XLif siècle ont tous exprimé la même conviction.
Comme tous les ouvrages d^nné époque très reculée, cekd dont nous parlons est sans titre et sans nom d'auteur ; mais il est terminé par ces mots étrangés : v Et u lorsque Abraham notre.père ^eut considéré, examiné, a approfondi et sâisi tbutes ces choses, le maître de -fc l'univers ^e manifesta à lui et l|appela son ami, et
i. Éditd6liantoue,M.40»i:ect. wpnjiii int nùiimii S>
PVBMltBB PARTIE. 8^
« s'engagea par une alliance éternelle enyers lui et sa u postérité. Alors Abraham crut en Dieu, et cela lui fut <c compté comme une œuvre de justice, et la gloire de c< pieu fut appelée sur lui; car c'est à lui que s'appliquent <c ces pardes : Je t'ai connu avant de t'avmr formé dans. « le ventre de ta mère. » Ce passage ne peut d'abord pas être considéré comme nne invention moderne : il existe avec quelques variaujtes dans les deux textes 4e Mantobe ; on le retrouve dans les plus anciens commentaires; et il ne doit pas même avoir été inconnu à Tauteur du Koran, qui dit aussi ^, en pariant d' Abraham.» que Dieu le prit, pour sou ami, et les musulmans ne l'appellent pas autrement que Tami de Dieu (Khalil- AUah), ou simplement Tami (al-Khalil)'. Nous pensons que pour donner plus d'intérêt au Livre de la €rkh Hum, ou a supposé, ou plutôt on veut faire supposer aux antres, que les choses qu'il renferme sont précisément celles qui furent observées par le premier, patrimbe. des Hébreux, ét lui donnèrent l'idée d'un Dieu unique et tout-puissant. 11 existe d'ailleurs parmi les Juifs une tradition très ancienne, selon laquelle Al>raham avait de grandes connaissances astronomiques, et s'éleva jus^ qu'à l'idée du vrai Dieu par le seul spectacle de la nar ture. Néanmoins les paj^es que nous avons citées tout à l'heure ont été interprétées de la manière la plus gros-